Le cinéma, c’est bon pour les pauvres !

L’affaire avait fait son petit buzz en janvier : le cinéma parisien Pathé Wepler, suite à une rénovation, inaugurait une double tarification. Certaines places, mieux situées par rapport à l’écran et dotées de fauteuils plus larges, sont accessibles moyennant quelques euros de supplément.

Que n’a-t-on entendu à ce moment là sur cette intolérable discrimination par l’argent ? L’affaire a ému le groupe communiste du Conseil de Paris. Car oui, sachez le, il n’ y a rien de plus urgent à s’occuper (nombre de places en crèches, construction de logements, amélioration des transports en commun) en ce moment à Paris que le prix des places de cinéma dans un seul établissement.

Le conseil de Paris a donc voté pour interpeler la ministre de la Culture Aurélie Philipetti afin qu’elle prenne des mesures pour « interdire » qu’il y ait au cinéma des places à tarification différente.

D’une part, Pathé est une entreprise privée. Je ne vois pas en quoi l’Etat aurait son mot à dire dans le choix des tarifs des prestations proposées. D’autre part, si il y a deux types de prestations différentes (ce qui est le cas ici), on ne voit pas en quoi il est choquant qu’il y ait deux tarifs différents. Que je sache, les communistes ne militent pas par ailleurs, contre l’existence de première et de deuxième classe dans les trains, alors que pourtant la SNCF est une entreprise d’Etat.

On ne les entend pas s’offusquer non plus, du prix général de places de cinéma (entre 11 et 13 euros) ce qui pour des familles aux revenus faibles, est déjà en soi prohibitif. Cela reviendrait à s’interroger sur l’augmentation du coût de la vie, et aux remèdes à apporter à la crise, ce qui bien sûr n’est pas au programme des élus de gauche.

Je m’interroge en revanche sur cette focalisation sur le cinéma.

Il existe à Paris d’autres types d’établissements à vocation culturelle, pour la plupart subventionnés par l’Etat. Là, on y pratique sans complexe des différences de tarifications qui n’ont pas l’air d’émouvoir les élus communistes parisiens. Quelques exemples :

Comédie Française : places de 12 à 39 euros

Opéra de Paris : de 15 à 180 euros (?!!?) avec 8 tarifications différentes

Théâtre du Chatelet : de 25 à 90 euros avec 5 tarifications différentes.

Bien. Cela choque-t-il quelqu’un ?

Certainement pas les élus communistes du Conseil de Paris en tout cas. A moins de penser qu’ils ne considèrent pas l’opéra ou le théâtre comme des loisirs de pauvres.

Dans ce cas, qui fait réellement du racisme de classe ? Le Pathé Wepler ou les élus communistes ?

 

Galipettes, schnouf et bal musette.

Coucou, lecteurs.

Ce titre t’évoques certainement le célèbre slogan « Sex, drugs and Rock’n roll » ? (Oui, je l’ai mis à la mode Frenchie !) C’est parce que nous allons papoter du milieu, du mitan, bref de la grande truanderie, la petite étant à éviter, c’est comme la vérole !

Vous me direz : « Pourquoi faire le lien entre ce slogan et le monde du crime ? »

Ne vous y trompez pas. Ceux qui s’engagent sur les célèbres chemins de la perdition savent pertinemment qu’ils s’enrichiront très vite mais ils savent aussi que leur chute sera tout aussi rapide. Ils doivent donc s’empresser de vivre, le plus vite et le plus fort possible.

De tous temps, il y a eut des hommes et des femmes pour se dresser contre l’ordre établi, soit par conviction politique, soit par conviction… financière. Le cinéma est là pour nous rappeler le souvenir de ces véritables anarchistes.

La mémoire humaine retient les plus spectaculaires ainsi que les plus novateurs tel le balafré (Al Capone pas Henri de Guise !) où Jules Bonnot.

Les incorruptibles de Brian de Palma (1987), est devenu un classique parce que c’est tout simplement un bon film et que la musique est géniale. Le problème est que dans la réalité, Elliot Ness n’a jamais sorti son arme et Frank Nitti n’est pas mort défenestré mais il s’est tiré une balle dans la gueule afin d’échapper… au cancer dont il était atteint.

La bande à Bonnot de Philippe Fourastié (1968), retrace avec précision, ou presque, la carrière criminelle de ceux qui ont inventé le braquage motorisé. A signaler : L’inspecteur Harry est considéré comme violent. Conclusion après avoir vu La bande à Bonnot : Les Américains sont des fillettes nourries au saccharose par intraveineuse.

Des bandits d’honneur nous en avons eu tout autour du ventre. Mandrin, qui s’est attaqué exclusivement à l’ébauche de capitalisme qu’était les fermiers généraux. Jean Chouan, contrebandier de sel (parmi les plus violents) et qui vouait une loyauté sans bornes à Louis XVI parce qu’il l’avait gracié. Pour venger son roi, il donnera quelques coups de canifs dans de la viande de patauds avant de se faire tuer. Albert Spaggiari qui braquera la société genérale « sans armes, ni haine, ni violence ».

Quelques uns feront l’objet d’un film du genre « la vraie vie de… » comme Danny Greene, d’autres inspireront des personnages de roman comme Marius Jacob et enfin des truands sortiront tout droit de l’imagination des scénaristes comme Louis le Mexicain.

Mais pourquoi le monde du crime attire-t-il autant le chaland ? Le phantasme du gain facile ? De la violence ? De la débauche où d’une fin violente ? Peu probable pour certains ! Personnellement je n’ai pas été attiré par le destin de Vincent Cassel (Mesrine) où de Al Pacino (Scarface), mais quelques uns rêverait d’incarner ces personnages (en laissant évidemment leur place à une doublure au moment fatidique, c’est tellement petit bourgeois !)

La réponse est plus simple que cela. Outre le fait que le truand se permet des coups de pieds dans le cul à de pseudo-élites, la magie du cinéma nous entrainera toujours aux côtés des héros dans les moments les plus intenses : Dans la cuisine des Tontons, sous le matelas avec Bonnot pendant le siège de la villa à Nogent-sur-Marne, avec Wallace durant la bataille de Stirling, au gouffre de Helm lorsque tout semble perdu, avec la 6ème division lors du débarquement sur Klendathu, avec le capitaine Aubrey lors de l’abordage de l’Acheron, avec Clara Morgane quand… désolé, je me suis emporté !

Pour les films de truands, il y a une dernière chose, non négligeable, et qui possède un pouvoir d’attraction hors du commun : L’argot et la gouaille. Sur ce sujet laissons plutôt s’exprimer Jo le trembleur, chauffeur-livreur à temps plein de denrées non périssables mais quand même sensible et maque porte-flingue à temps partiel au « One-two-two » :

« Dans l’Paname des anciens, y’avait trois catégories de zigs : Le cave, le demi-sel et la pointure. J’veux pas faire dans la critique sociale et dézinguer du cave et d’la cavette, vu que c’est les gagne-petit qui font marcher le commerce et la caisse de retraite.

Mais causons plutôt des demi-sel. Alors là ! J’peux vous garantir qu’il y a de quoi balancer et pas que des fleurs ! A côté, le marmitage journalier Verdunois du temps du bal de la tripe à l’air, c’était les pétards du 14 juillet ! Creusez-vous un peu la soupière et imaginez un plumeau qui s’met à avoir la jactance des faubourgs, l’accent d’un Capo, le costard d’un maque, les projets d’un chef d’état Africain… et l’épaisseur d’un papier buvard. Vous pouvez être sûr qu’il va bien baver chez les cognes une fois par mois, histoire de toucher facile les trente deniers de la honte.

Avec des baltringues pareils comment voulez-vous braquer une banque, fabriquer de la fausse artiche où distribuer le jus de pomme distillé avec amour pour les honnêtes travailleurs ? Les demi-sel c’est bien simple, c’est la ruine de l’honnête labeur ! J’vous assure qu’on à des fois envie de propagander le discours de la méthode dans les environs de Guérande.

Heureusement y’a les pointures, les épées comme on dit ! Beaucoup plus rares que les demi-sel mais plus influents et avec un côté légionnaire quand ça commence à sentir le sapin.

La pointure se reconnait à ses opinions conservatrices tendance extrême-droite et à ses méthodes radicales tendance soviétique. Y a pas plus paradoxal que l’Apache ! Ajoutez à ça un attrait bourgeois pour les vieilles pierres et un attachement aristo-franchouillard pour le petit personnel.

De plus le bonhomme est facilement calotin en présence d’un calvaire de carrefour mais il redevient rapidement libertin sur le perron du bobinard que ses gagneuses font tourner. L’Apache a parfois la naïveté d’un Candide sans pour autant être voltairien, ça ferait mauvais genre !

Voilà, vous avez à peu près le portrait de ceux que les mauvaises langues appellent des malfaisants, des gredins, des fripouilles, des canailles.

Mais quand on n’y regarde de plus près, le malfaisant en question possède une palette de compétence : terrassier (pour creuser un trou jusqu’au coffre), soudeur (pour percer le coffre), Bouilleur de cru (rien à voir avec le coffre), comptable (pour compter l’argent du coffre), dessoudeur (pour une maldonne de virgule avec l’argent du coffre).

Tandis que le flic où le procureur qui se charge de mettre au ballon tout ce petit monde, on s’demande encore quelles sont leurs compétences. Ronfler la tronche collée sur le dernier rapport de barbotage de yaourts au fin fond de la Lozère ? En ce qui concerne ces caves là, je dirais bien que c’est une sacré brochette de trous de balle mais ces cons là osent réclamer du respect… j’vous jure !… C’est à regretter d’être malhonnête ! »

Que faut-il retenir de la grande truanderie ?

Al Capone était certes un trafiquant d’alcool et le commanditaire de nombreux meurtres, notamment le massacre de la Saint-Valentin mais il faut savoir qu’en tant qu’homme, il avait un grand respect pour les honnêtes citoyens (les civils) ainsi que pour le petit porte-flingue qui savait risquer sa vie. En revanche il n’en avait aucun pour les politiciens qui venaient le chercher directement dans son château afin de se faire joyeusement corrompre.

Marius Jacob fut condamné à 25 ans de bagne à Cayenne. Il fit l’admiration de tous car jamais il ne céda aux maintes corruptions que l’institution carcérale française utilisait pour briser les bagnards. Il resta fidèle à ses idéaux anarchistes.

En somme, ces hommes et ses femmes furent en quelque sorte des aristocrates arborant la bannière du socialisme (le vrai, celui de Proudhon).

Mais n’oublions pas l’autre côté de la barrière : les policiers et les magistrats. Dans de nombreuses productions, ces derniers sont représentés de façon particulièrement réalistes : Corrompus, lâches, arrogants, mesquins et leur incompétence crasse n’a d’égale que leur paresse honteuse. Ceux-ci poussent l’insolence jusqu’à placardiser et moquer leurs collègues honnêtes. L’ordre est montré tel qu’il est dans la réalité : Une dictature socialiste et jacobine.

Nous autres, afin de combattre cet ordre, nous n’irons pas jusqu’à braquer les petits épargnants et encore moins à créer un parti Proudhonien, essayons seulement d’avoir un peu la « galipettes, chnouf et bal musette attitude »… non ! Mieux, mieux ! Ayez l’attitude Roche et rouleau (Rock’n roll, quoi !)

 

L’ennemi public – 1931 – de William Wellman
Scarface – 1932 – de Howard Hawks (film excellent malgré les nombreux sabotages de la prod.)
Casque d’Or – 1952 – de Jacques Becker
Touchez pas au grisbi – 1954 – de Jacques Becker
Razzia sur la chnouf – 1955 – de Henri Decoin
L’Ultime Razzia – 1956 – de Stanley Kubrick
Le cave se rebiffe – 1961 – de Gilles Grangier
Mélodie en sous-sol – 1962 – de Henri Verneuil
Les tontons flingueurs – 1963 – Georges Lautner
Le corniaud – 1965 – Gérard Oury
Du rififi à Paname – 1966 – Denys de La Patellière
Ne nous fâchons pas – 1966 – Georges Lautner
Le pacha – 1968 – de Georges Lautner
La bande à Bonnot – 1968 – de Philippe Fourastié
Borsalino – 1970 – de Jacques Deray
Les incorruptibles – 1987 – de Brian de Palma
Les Affranchis – 1990 – de Martin Scorsese
Il était une fois le Bronx – 1993 – de Robert de Niro
Usual Suspects – 1995 – de Bryan Singer
Heat – 1995 – de Michael Mann
Snatch : Tu braques où tu raques – 2000 – de Guy Ritchie
Training day – 2001 – de Antoine Fuqua (la dragée est prolifique !)
Les sentiers de la perdition – 2002 – de Sam Mendes
Rock’n’Rolla – 2008 – de Guy Ritchie
Irish Gangster – 2009 – de Jonathan Hensleigh
Public enemies – 2009 – de Michael Mann
Les Lyonnais – 2011 – de Olivier Marchal
Des hommes sans loi – 2012 – de John Hillcoat
Gangster Squad – 2013 – de Ruben Fleischer (au cinoche depuis le 6 février, une date pareille, ça fait rêver !)

Droopy

La dérive des incontinents

26 décembre 2012

Quelle journée ! Je me suis lâché. J’ai couru partout, j’ai vidé la poubelle ou j’ai découvert une brioche périmée que j’ai boulotté, j’ai aboyé après les poules du voisin et surtout j’ai pissé partout. Faut me comprendre, la fin du monde n’a pas eu lieu, alors forcément la sensation de bien-être, de liberté et surtout être en vie, … ben, je me sentais plus !

Et tandis que mon maître maugréait en nettoyant les conséquences de mes petites fuites, ma crise d’incontinence passagère m’a fait penser à un léger détail sur la fin du monde.

Il n’y a pas eu de catastrophes entre le 21 et le 25 décembre non seulement parce que les Mayas sont des gros pignoufs mais aussi et surtout parce qu’en réalité la fin du monde à déjà eu lieu. Lentement, progressivement et tout en douceur. Ce qui fait que nous sommes dans une ère post-apocalyptique.

Vous voulez des preuves ? Regardez un peu le paysage politique français, il n’y a pas plus consternant ! Dans les années 30, on voyait des communistes et des nationalistes au bal de la tripe à l’air, aujourd’hui ce sont des bisounours qui font gouzi-gouzi avec des télétubbies. Avec eux aucun risque de surchauffe du citron !

Maintenant regardez la machine à rêve français. Ca tient plus du cauchemar freudien que du songe de la bergère endormie.

Vercingétorix avec Christophe Lambert où comment le réalisateur et les scénaristes, à des années-lumière des sœurs Goadec, ont voulu faire passer nos ancêtres celtes pour une brochette de barbares dégénérés portant des casques à cornes. Depuis, il y a eu du progrès, Elisabeth Lévy prétend aujourd’hui que les Gaulois ne sont pas nos ancêtres. A l’avenir il faudrait interdire aux cousins de Jacob Delafon de jacter sur l’origine du savon.

Le pire du pire ? Vincent Moscato joue le rôle de… Moscatos. Ca ne s’invente pas !

Sans toit ni loi, d’Agnès Varda est un film (tiré d’une histoire vraie) qui se veut une ode à la Liberté et racontant la vie d’une pocharde se livrant à la prostitution et qui finit par crever de froid en pleine rase campagne. Si c’est ça la Liberté, alors vive les totalitarismes !

Dans ce film, les « comédiens » ne vivent pas leur texte, ils le récitent et certains octroient à cette bouse les qualificatifs d’objectivité et de limpidité. « L’essentiel est substitué au fard superficiel. »

La face cachée est LE film qui fait rêver. Adieu train-train, bonjour exotisme ! C’est l’histoire d’un couple dont le mari s’emmerde à monter un placard acheté chez Castorama et qui découvre l’impensable vérité : Sa femme planque des boutanches de gnole dans la boîte de Trivial Pursuit. Steven Spielberg n’a qu’à bien se tenir !

Le cinéma français est en ruine parce que la France est en ruine. Et tout ça à cause des vieux ! Attention, les vieux d’aujourd’hui sont les jeunes des années 60 et plus particulièrement de mai 68, de l’esprit soixante-huitard.

Ces jeunes révoltés, qui se prenaient pour des activistes politique et intellectuels « plume dans le cul », ont bousculés l’ordre moral pour une seule chose : Etre libre de se tripoter la nouille.

De nos jours, devenus des vieux, aigris et incontinents (à force de se tripoter ?), ils répandent leurs humeurs uriques un peu partout, surtout sur ce qui ne correspond pas à leurs canons de laideur élevés en canons de beauté.

Les vieux modernes : Moches, inutiles, même pas de chez nous et pour l'un d'entre eux, pédophile.

1968 marque donc la fin d’une époque, peut-être pas la meilleure mais en tout cas l’avènement d’une autre, pire que toutes les précédentes.

Fin d’une époque = fin d’un monde et donc fin DU monde ! Oui, j’ose le dire et celui qu’est pas content qu’il aille se faire empapaouter au parlement grec !

L’épidémie de choléra est mondiale parce qu’une minorité de sinistres vieux nous fait chier et que la triste jeunesse actuelle est en train de se zombifier à l’exemple de ces quelques Jurassiques à la limite des Pathetics Losers ! La plupart des scénaristes ne signent plus que des adaptations de séries, des suites où des remakes. Naturellement la réalisation n’est pratiquement jamais à la hauteur des espérances et des nostalgies. La médiocrité égalitaire à fait son trou.

Alors on se rappelle avec la larme à l’œil du cinéma d’antan, celui de Guitry, d’Autant-Lara et de Denys de La Patellière où de Georges Lautner. Anciens, rescapés de mai 68.

Et on en vient à se demander : Ou est Jean Gabin dont la facilité à jouer tour à tour un clodo extravagant (Archimède le clochard) et un retraité bougon et retors (Les vieux de la vieille) pourrait en dire long sur sa personnalité s’il n’avait joué un vieux paysan Normand taiseux et flingueur de trafiquants de drogue (La Horse) où un ancien de la coloniale, empereur de la cuite et nostalgique de l’Indo (Un singe en hiver). Ou est-il ce vieux qui savait dans une posture statique et dans un long silence être à la fois inquiétant et touchant ?

Ou est Bourvil qui gardait son incroyable faculté à la légèreté enfantine et sa joie de vivre alors que le cancer le rongeait et qu’il jouait un flic sérieux dans un incontournable polar noir (Le cercle rouge) ?

Ou est Michel Audiard ? Philosophe de la biture, théoricien du coup de fourchette, poète de la sulfateuse et pourfendeur des cons ?

Ou est le gang des affreux qui écumaient les petits troquets de Paname à la recherche de l’andouillette perdue et du pot-au-feu maudit de la gare du Nord ? Gang composé de Bernard Blier, Lino Ventura, Michel Audiard et Jean Gabin.

Ou sont les Tontons qui fabriquaient des tartines pour la jeunesse tout en jouant aux rince-pintes avec l’équivalent occidental du samagonka au plomb tétraéthyle avec un arrière-goût de jus de pomme ?

Ou est mon vieux qui possédait la compétence surhumaine, lors de conférences politique extrêmement sérieuses, de balancer des conneries par pelletées de douze uniquement pour faire rire les petits copains ?

Ou est Léon Thierçais qui savait comme personne lancer un nonchalant « Toi, t’es tellement con que t’es forcément cocu ! » à un officier de gendarmerie qui avait commit l’erreur de raconter sa glorieuse carrière militaire à un ancien combattant de deux guerres ?

Ou est Pierrot Philippeau qui continuait à bricoler et à grimper à un mat de trois mètres de haut alors qu’il se coltinait un ulcère à la jambe et qui enquillait façon légionnaire ?

Les vieux à l'ancienne : Déglingués et vachards.

De nos jours avec les débris arthritiques hérités de mai 68, dégénérés, sans humour et sans savoir-vivre, on peut légitimement parler de dérive des incontinents.

La fin du monde a eu lieu et nous y avons survécu. Comme dans Mad Max où The Postman, l’anarchie règne parce que notre monde est à reconstruire. Alors reconstruisons-le en bazardant les vieux empêcheurs de civiliser en rond.

Bazardons aussi ces personnages médiocres et inutiles qui ont remplacés les héros de jadis. Personne n’aurait l’idée de proposer le rôle d’Othello à Dolph Lundgren alors évitons de donner le rôle de Siegfried à Jamel Debbouze !

A ceux qui occupent le palais de l’Elysée substituons ceux qui occupèrent la mosquée de Poitiers.

Aux artistes obligés de se camer pour avoir de l’inspiration, on préférera tout simplement ceux qui ont du talent !

Ceux qui ouvrent les yeux ont une responsabilité car heureusement il existe encore de bons réalisateurs et de bons acteurs. Eduquez-vous les sens avec de véritables œuvres d’art, de la vraie bouftance et du vrai rouquin, le tout saupoudré avec de la franche rigolade et naturellement assaisonné d’une bande de copains du style « à la vie, à la mort » !

L’art (ici, le cinéma) ne doit pas être le reflet de la tristesse de cette société (suicide garanti) mais transcender la réalité afin de rendre les hommes (les chiens et les chats) meilleurs. Comme pour l’alcool, nous devrions avoir l’art voyageur et non mesquin en attendant de repeindre le ciel en rouge.

 

Que faut-il retenir de la dérive des incontinents ? La période post-apocalyptique que nous vivons, nous permet toutes les audaces puisque notre monde est à reconstruire et comme le disait François Morel dans Fallait pas ! « Sur la merde, pousse la fleur » !

Les vieux d’aujourd’hui qui dépotent :

The Expendables 1 et 2 : Les pépés biscottos de Hollywood se déchainent.

Bad Ass : Il est méchant, il est en colère, il est vieux ! Avec Danny Trejo et tiré d’un fait réel.

La traque

Le lobby anti-fumeurs a encore frappé.

Selon une étude publiée la semaine dernière, les cigarettes sont trop visibles au cinéma. 80 % des films « présentent des situations avec une représentation du tabac. Les mises en scènes regroupent tant le tabagisme que les objets tels les briquets, cendriers et paquets de cigarettes. »

La ligue anti-cancer s’insurge donc contre ce qu’elle considère comme de la publicité déguisée.

Mais le pire reste à venir. La présidente de la ligue s’indigne  : « les fumeurs sont de moins en moins stigmatisés, représentants 72,9% de personnages respectables en 2005, contre 90,7% en 2010, ce qui accentuerait la banalisation du tabagisme. »

Il faut donc stigmatiser et discriminer les fumeurs !!! Même dans les oeuvres de fiction.

On croit rêver. Quel dommage que la Halde n’existe plus ! Il faudrait presque la rétablir pour que des millions de fumeurs puissent venir se plaindre de cette « odieuse discrimination »…

Première étape : la Ligue « a engagé une action en justice contre les producteurs et distributeurs du film« , elle souhaite interdire aux moins de 18 ans l’accès aux films comportant des représentations de marque de produits du tabac. Selon elle, le ministère de la Culture doit également refuser les financements publics aux films qui dénoteraient d’une promotion du tabagisme.

Va-t-on devoir également truquer les vieux films pour supprimer toutes les cigarettes ? Ils en sont capables. Ils l’ont déjà fait pour des affiches publicitaires dans le métro parisien.

Contre le révisionnisme hygiéniste

RESISTANCE

 

Zombie Apocalypse

Dans le cadre d’une discussion entre amis au sujet des films de zombies (des classiques de George Romero à la série plus récente « The walking dead » ) fusa la remarque « En cas de fin du monde, les geeks survivront plus facilement parce qu’ils savent déjà tout ce qu’il faut faire…tout est dans les films de zombies ! »

Au delà de la boutade, cette axiome pourrait-il se révéler plus vrai qu’il n’ y paraît au premier abord ?

Si l’on creuse l’hypothèse de l’apocalypse zombie, comment survivre ? La réponse se fait autour de deux axes : connaître l’ennemi et lutter de manière concrète et pratique pour sauver sa peau.

La connaissance de l’ennemi s’approfondit depuis les années 2000 avec ce que l’on appelle les « zombie studies ». Des chercheurs ont commencé à étudier très sérieusement l’hypothèse « zombiepocalypse » au moyen d’arguments scientifiques. Le premier à se lancer est le Dr Steven C. Scholtzman en 2009, lors d’un colloque « Science on screen », durant lequel des scientifiques étaient invités à commenter le film de leur choix. S.C.Sholtzman choisit « la Nuit des Morts-vivants » de George Romero. Il utilise les avancées de la neurobiologie pour disséquer le cerveau des zombies . Fort du succès de cette intervention, le Dr Scholtzman va pousser plus loin ses recherches et les compiler dans l’ouvrage qui va lancer les « zombie studies » , « The Zombie Autopsies : Secret Notebooks from the Apocalypse ».

D’autres scientifiques vont alors s’engouffrer dans la brèche. En 2011, le neuroscientifique Bradley Voytek se prête lui aussi au jeu, en caractérisant scientifiquement le syndrome du comportement zombie (Consciousness Deficit Hypoactivity Disorder) : « La perte de tout comportement rationnel caractérisé par une agressivité à la fois délirante et impulsive, une attention axée uniquement autour de stimulus, une incapacité à coordonner les fonctions du langage et un appétit insatiable pour la chair humaine.» (vidéo de la conférence )

Pour survivre à la fin du monde, la suite est sur NOVOPRESS

Double langage

Je ne vous parlerais pas des meetings du weekend.

Les concours de bite entre candidats ne m’intéressent pas.

En revanche ce matin il s’est passé un truc amusant sur BFM Tv.

Méchancon était interviewé par Jean-Jacques Bourdin. On lui demande de s’expliquer sur son amitié avec Patrick Buisson. « vous n’allez pas vous aussi vous y mettre, chat méchant, tout le monde est libre d’avoir les amis qu’il veut ». Bien sur, chacun est libre d’avoir les amis qu’il veut. Mais certaines amitiés disent quelque chose de la réalité de ce que vous êtes (clin d’oeil appuyé aux amis des maniaques sexuels DSK ou Georges Tron…)

Revenons à Méchancon. Il serait donc ami avec Patrick Buisson. Patrick Buisson le conseiller et ami du nain. Responsable du virage à droite de la campagne naniste. Pedigree du monsieur ici.

Quand on sait que Méchancon a fait de l’extermination de l’extrême droite , son principal axe de campagne, c’est plus que savoureux.

Evidemment quand un journaliste lui pose la question, il applique toujours la même stratégie. Face à une question génante, plutôt que de répondre, il joue au petit caïd. L’intimidation comme ligne de défense (écoutez l’extrait suivant, vous verrez qu’à aucun moment il ne répond à la question) :

Même méthode de réponse que le nain. Les deux voyous peuvent se donner la main.

Parce qu’il est bien évident que personne ne soupçonne Méchancon d’accointances avec l’extrême-droite. En revanche avec le premier cercle élyséen…

 

Grand débat à la mode France2 (deuxième partie)

Disons le tout de suite. Je suis déçu. J’ai lutté avec difficulté contre le sommeil pendant la plus grande partie de l’émission. Avant-hier tous les candidats avaient la pêche même quand ils étaient à la peine (NDA) , et la plupart d’entre eux s’en sont bien sortis. Ce qui me laisse à penser qu’inconsciemment une logique d’émulation réciproque a fonctionné. Hier les trois premiers ont été mortels d’ennuis, tentative de réveil sur la fin mais beaucoup trop tard pour que ça fonctionne.

 

FRANCOIS BAYROU

 

L’une des deux interventions les plus soporifiques de la soirée à n’en pas douter. Pour démarrer c’est un peu cruel.

Pourtant la première question s’essaie à la polémique en revenant sur la réaction inappropriée du bègue béarnais (B.B) au moment de l’affaire Merah. Sous prétexte de polémique nous voyons revenir avec pas moins de 5 relances l’opération Sauvez-Sarko, « quand vous parliez de climat malsain vous désigniez le nain??? » B.B est faible, il recule sous la charge : « le racisme et l’antisémitisme c’est la faute au net ». Pas suffisant pour ses juges visiblement. Sixième relance « vous n’avez aucun regret? »

On passe à l’économie. « pour relancer les exportations françaises dans la zone euro, vous faites appel à des notions telles que la responsabilité et la solidarité, c’est un peu faible, non? » Du point de vue concret j’admets moi aussi que c’est un peu faible, mais ce n’était pas le sens de la question vu le ton sur lequel elle a été posée, qui signifiait plutôt « la responsabilité et la solidarité n’ont rien à voir avec l’économie ». J’aime quand les journalistes économiques tombent le masque…

Revenons au concret. « comment on produit en France? » On attend des solutions de la part du promoteur le plus acharné d’un label « fabriqué en France ». Et donc…? Des généralités sur le constat. Relance. Généralités. Relance. Généralités. Relance. Généralités.Relance. Généralités.Relance. Généralités.Relance. Généralités.Relance. Généralités. Oui 7 relances et toujours pas la plus petite proposition concrète. J’ai failli m’endormir à ce moment là, j’avoue.

Les journalistes lâchent l’affaire en tentant une timide dernière relance. « vous croyez donc que la volonté suffit » « OUI LA VOLONTE SUFFIRA »…Ok, ok. La volonté en politique c’est bien, il en faut…mais des idées en plus , c’est mieux.

Nous arrivons au dada de B.B, la dette. Enfin une solution concrète. « Comment on baisse la dépense publique? » « En réduisant le nombre de voitures de fonctions de l’Etat ». A moitié endormi sur mon canapé, j’ai cru à une lol-phrase (la fausse lol-phrase va être la spécialité de la soirée, on va le voir). Mais non , il y croit. Et une deuxième fausse lol-phrase en guise de solution à la dette : « il faut dire tous ensemble que la dette n’est pas acceptable ». Chiche, demain on ouvre tous nos fenêtre à la même heure et on crie tous ensemble « non non non la dette on en veut pas »…Ca va tout changer. Comment ça vous riez? Je vous ai dit que ce n’était pas une lol-phrase. Un peu de sérieux que diable !

Avant que le plateau de France 2 soit totalement ravagé par la maladie du sommeil, les journalistes changent de sujet.

« Vous êtes contre la sélection à l’école? » « Je ne comprends pas la question ». Même ma concierge comprend la question, mais lui il veut être président…

« Seriez vous premier ministre du nain, comme le dit A.Juppé? » Trois relances pour obtenir la réponse la plus obscure de la soirée : « Vous me proposez des réponses, je choisis celle que je souhaite. » Euh…Oui…Mais laquelle???

Après j’avoue j’ai flanché pendant les deux dernières minutes. Question sans intérêt. Réponse à l’avenant. Résultat : zzzzzz…..zzzzzzzzz……zzzzzzzzzzz….zzzzzzzzzzzzzzzz.

 

JACQUES CHEMINADE

 

Pujadas entame par la question énigme (l’effet sphinx de la blonde hier  a contaminé tout le monde visiblement). « Que faites vous entre chaque présidentielle? » « Je tonds ma pelouse, je coupe du bois et je fais des conserves ». Non je déconne. Cheminade est énarque , donc il n’a pas répondu ça. Il n’a pas répondu du tout d’ailleurs.

« Il y a un bizness de l’élection pour vous? » C’est une question « rendez l’argent » spécialement destinée aux vieux, abonnés au Cri du contribuable. Le public cible de ce soir nous le verrons par la suite dans les réponses d’autres candidats. Il faut croire que le jeudi soir seuls les vieux et les chats blogueurs, regardent les émissions politiques…

Après on passe aux questions « objectif lune ». Cela parait totalement fantaisiste pour un journaliste français de base que l’on puisse vouloir coloniser la lune ou mars. D’où la question « Vous êtes un peu le professeur Tournesol? » J’attends la même question lors du prochain G20 à Vladimir Poutine qui relance les programmes spatiaux russes de colonisation de la lune. Ou à Hu Jintao qui fait de même. Ces gens sont aussi des doux rêveurs, n’est ce pas?

Cheminade échoue à ramener le débat sur la spéculation financière. Il explique donc aux quatre crétins qui lui font face que l’industrie spatiale, c’est des emplois et des nouvelles technologies à la clé.

Ensuite les questions vont partir dans tous les sens en vrac.

« Il n’est pas ésotérique votre programme? »"Vous voulez interdire les jeux vidéos? » « Vous voulez développer le chant choral partout? » « Pourquoi avoir choisi l’ENA plutôt que la recherche? » Sur celle ci , Cheminade va s’essayer à la lol-phrase, avec un résultat…mitigé. « Je suis une jeep tout-terrain« . Seule tentative de la soirée. Soyons indulgents.

Ensuite on va expédier en une minute chrono la partie la plus intéressante et la plus iconoclaste du programme de Cheminade : le non-remboursement de la dette illégitime (c’est à dire celle qui résulte du racket des marchés financiers).

Jusque là l’ambiance était détendue. Ca va changer. On passe aux thèses conspirationnistes de Lyndon LaRouche, le mentor politique de Cheminade.

Tir de barrage. « Vous contestez la version officielle du 11 septembre, c’est mal » « Je veux la vérité » « Non c’est mal ».

On passe au portrait de Banania en Hitler. « Une honte ». Cheminade tente d’expliquer l’affiche avec références historiques à l’appui. Peine perdue. « Est-ce de bon goût? » Je rappelle à David Pujadas que quand on ne sait pas choisir son coiffeur, on ne se pose pas en arbitre des élégances… »Qu’est ce que vous avez contre les USA à la fin? » Ben… Wall Street, l’impérialisme, les guerres, tout ça quoi. Dans la vrai vie, Cheminade n’a pas pu répondre…

Ensuite LA question débile de la soirée (Pujadas toujours). Cheminade vient de dire qu’il est gaulliste de gauche.Attention vous êtes prêts ? « De Gaulle il était à Londres. Londres c’est la City, donc la finance? Vous vous contredisez pas un petit peu? » WTF? Les mystères des connexions neuronales du journaliste star de France 2 seraient un beau sujet d’étude pour la science.

Clap de fin. « Quel autre candidat a votre préférence? » « Flanby ». ??????? La lune, l’annulation de la dette, etc ….pour voter Flanby ? Les connexions neuronales de Cheminade devraient elles aussi être étudiées…

 

NICOLAS SARKOZY

 

C’est la première fois en cinq ans que je regarde le nain plus de deux minutes d’affilée mais mon abnégation pour toi, ami lecteur, n’a pas de prix. Surtout que c’était la deuxième intervention la plus soporifique de la soirée.

Soporifique…et spécial vieux. Le nain a décidé de bichonner son électorat de prédilection.

Première question spécialement calibrée pour taper sur Flanby, « les marchés vont faire pression sur la France en cas de victoire de Flanby, n’est ce pas? ». Réponse  : avec moi le monde est sauvé, l’Europe est sauvée, gna gna gna, avec Flanby vous allez tous raquer, surtout les vieux. Tremble retraité et vote pour moi !

Au cas où la réponse n’aurait pas été suffisamment claire (avec Flanby le chaos, avec moi la félicité dans les maisons de retraite), on le relance !??! Deuxième couche.

Le journaliste économique sort de sa torpeur, au conditionnel, en marchant sur des oeufs.   »on pourrait penser, si on avait l’esprit mal tourné, que votre bilan pourrait ne pas être totalement parfait, ô grand sachem, il me semble, mais je ne veux pas m’avancer trop, qu’on aurait perdu le triple A? » « Faux on l’a gardé » Hein???? Une relance au moins? Que nenni ! Le nain continue donc à taper sur Flanby sans répondre à la question, « tremble vieux, le flan va piquer tes sous! »

Une question sur le bilan ensuite? Non. Le programme peut être? Non. « le Financial Times préfère Flanby parce qu’il veut prôner une politique de relance ». Réponse (je résume) : « j’emmerde le F Ti, comme on dit dans les milieux autorisés, pouffe pouffe » . Il a du croire faire une lol-phrase là. F Ti sera répété 4 ou 5 fois, pour montrer qu’il fait partie des milieux autorisés peut-être ? On s’en doutait un peu, il est président…

Ensuite cinq minutes à baver sur le libéralisme anglo-saxon qu’il adulait encore juste avant son entrée en campagne. Mais aucun journaliste ne va le lui rappeler.

Tentative de question qui fâche sur les affaires. Le journaliste ne veut pas se mouiller et s’abrite derrière Efa. « la méchante madame , elle a porté des accusations contre vous dans les affaires Karachi et Bettencourt » Au menu de la réponse ,arrogance, mépris des autres candidats et foutage de gueule : « je n’ai pas à répondre à Mme Joly parce qu’elle est alliée à Flanby, ce ne sont que des ragots, médisances et méchancetés, j’ai du mépris pour ceux qui les colportent » dit sur un ton haineux. Pas de relance évidemment.

Deuxième tentative de poser une vraie question sur l’UOIF qu’il a mis en place et choyé depuis 10 ans , la journaliste est interrompue dès qu’elle prononce le mot UOIF. A nouveau ton hargneux. Mensonge et mauvaise foi. Ca marche. Tout le monde s’écrase et on change de sujet.

Ensuite des questions bla bla politique (programme où es tu?). Pêle-mêle les sondages et l’hypothèse de Bayrou premier ministre. Ouverture au bègue. « le devoir de président est de ne pas s’enfermer ». La question « votre ouverture pourrait aller jusqu’au FN ? » n’est bien sur pas posée. La réponse aurait convaincu les électeurs FN enfumés, tentés de voter pour lui, de retourner au bercail…

Une intervention pour rien donc. Pas de programme. Pas de bilan. Pas de question qui fâche….zzzzzzzzzzz …….zzzzzzzzz…….zzzzzzzzzzz

 

NATHALIE ARTHAUD

 

La seule intervention correcte de la soirée, pour une raison toute simple : elle a la pêche et des convictions. Donc je sors de ma torpeur.

Série de questions « faisons peur aux vieux » : « Vous êtes communiste? » Oui. « Vous voulez la fin de l’économie de marché? » Oui. « Vous voulez prendre le contrôle des entreprises du Cac 40…des PME et des petits commerces aussi? » Non, pas les petits.  Toutes les questions qui suivent sont là pour effrayer le papy. Le jeune n’a pas peur parce que le jeune n’a pas de culture, il ne sait pas que le communisme c’est 140 millions de morts.

Poursuivons. « Vous parlez de menacer réellement les exploiteurs capitalistes, c’est un appel à la violence? » Message subliminal : cette femme va tous vous couper la tête.

Ensuite la question « sauvons notre peau, défendons le Medef » : « quand les patrons violent la loi, vous voulez les mettre en prison? « dit sur le ton aigu de poule qu’on égorge. Arthaud habilement va lire l’article du code pénal, stipulant que des patrons qui ne respectent pas la loi, sont passibles de peine de prison. Aille! Elle marque un point.

Prononçons donc un mot qui fait peur, vite ! « Vous voulez la dictature du prolétariat? » Elle se défend assez bien et énergiquement.

Ce qui assomme temporairement les journalistes. A la question « vous voulez supprimer la TVA? », alors qu’elle répond une énormité (« sauf sur le luxe, je veux la multiplier par 10″), tout le monde reste coi. On aurait pu lui dire que le luxe ce sont des savoir-faire et des artisans qui produisent en France par exemple, et qu’elle allait les mettre au chômage…Mais bon flottement journalistique à ce moment là…

Réveil sur un impôt sur les revenus du capital provenant de l’exploitation. Kézako? Trois relances et ce n’est toujours pas clair. Si ce n’est que devant la télé impôt+vieux = pétoche… Arthaud perçoit enfin le piège et rassure les vieux avec son idée de salaire perçu jusqu’à la mort.

Ensuite on va avoir droit à la seule vraie lol-phrase de la soirée. On lui demande si, vu qu’elle est prof d’économie, elle reste objective quand elle exerce son métier. La réponse n’est pas lol sémantiquement parlant, mais le ton malicieux sur lequel elle l’a prononcée en fait une lol-phrase : « je fais comme vous les journalistes, quand je travaille je reste neutre« .

Retour au programme : interdiction de tous les licenciements, supprimer le chômage supprimera l’insécurité, bla bla . Rien de nouveau.

Ensuite la question « indignons nous » : « Vous comparez Gaza à un camp de concentration c’est une honte!  » « votre comparaison est nauséabonde gna gna gna » .Bonne réponse de la donzelle qui marque un point, avec moi du moins, « vous les journalistes, vous n’avez pas de culture, il n’y a pas que les nazis qui ont fait des camps de concentration, les premiers ce sont les britanniques avec la guerre des boers… » Il aurait été plus efficace plutôt que de lui parler des nazis, de lui parler …des goulags. Je dis ça, je ne dis rien…

Et clap de fin sur la question « brevet d’onction républicaine » : « le 21 avril 2002, Arlette Laguillier n’avait pas donné de consigne de vote au second tour, auriez vous fait la même chose? » Oui.

J’aime les gens qui ne se débalonnent pas. Arthaud 1 point.

 

JEAN-LUC MELENCHON

 

Je ne l’aime pas mais je m’attendais au moins à du spectacle. Déception sur toute la ligne. Oh bien sûr il nous l’a joué comique troupier comme il sait si bien le faire en général. Problème : toutes les formules de ce soir ont déjà été entendues. Souvent. Il n’a pas été « mauvais » mais impression de rabachage et de disque rayé, qui oblitère complètement le propos.

Première question sur le paradoxe de vouloir supprimer la fonction présidentielle alors qu’on souffre du culte de la personnalité. Bla bla connu sur la VIème république. Déni complet sur le culte de la personnalité. Et « vous allez voir ce que vous allez voir ! « . Oui, on va voir au premier tour, dit le chat sceptique…

Question sur sa propension à injurier le FN et à attaquer le nain (ah bon? il attaque le nain?). Réponse exclusivement sur le FN, rien sur le nain (je me disais aussi). Bien sur personne ne lui posera la question sur la violence physique exercée par ses militants sur ceux de la blonde ou de NDA…

La question cruciale, « vous êtes grisé par les sondages, allez vous péter les plombs? ». En faisant quoi? En égorgeant la blonde avec un opinel ? N’importe quoi…

Ca va continuer comme ça un moment, les questions inutiles. Comme Méchancon a de la bouteille, il va intercaler facilement des extraits de son programme dans les réponses. Mais bon, ça ronronne mollement.

En vrac : « Vos résultats sondagiers énervent la gauche? » « Serez vous le soutien de Flanby au second tour? » Là, réponse disque rayé « nous entrons dans la période des tempêtes, etc ».

Ensuite un moment très court mais fort instructif, de connivence rigolarde avec le journaliste économique libéral de la mort. Ces messieurs prennent le thé et pouffent ensemble. La révolution attendra deux minutes…

Enfin une question programme. Pas celle qu’il voulait visiblement. Puisque c’est une question sur ….l’immigration. Méchancon s’énerve. « raah c’est le truc du Front national, ça  » « lachez moi ». Le ton monte. Mais il finit par lâcher qu’il va régulariser tous les clandestins et accueillir la terre entière. Ce qu’on savait déjà.

Ensuite une question sur la BCE qui doit prêter directement aux Etats. « Comment faire? vu que personne n’est d’accord en Europe? » Quatre relances. Pas de réponse concrète. Méchancon hausse le ton. Même tactique que le nain. Je suis embarrassé, je fais le caïd de cour de récré. Mais Méchancon n’est pas encore président, donc ça ne marche pas.

Pujadas se réveille. On l’avait oublié. Ses connexions neuronales ne fonctionnent pas mieux qu’avec Cheminade. On en est à la proposition « choc » de Méchancon : « au-delà de 300 000€ de revenus annuels, je prends tout ». La question : « Omar Sy gagne 300 000€ par mois, vous n’avez pas d’états d’âme à tout lui prendre? » « Non » « oui mais Omar Sy , pourquoi vous voulez tout lui prendre? ». Un ange passe sur le plateau. Même Méchancon a l’air un peu déconcerté de cette focalisation sur Omar Sy…Pujadas insiste encore. Méchancon n’a même pas la force de sortir une petite phrase assassine. Il ricane de la bétise de Pujadas. Et le reste du plateau aussi.

Clap de fin il reste 10 secondes. « parlons de Cuba » « je refuse de répondre à ça » (et pour cause hin hin). Le journaliste pose quand même sa question. Réponse « Cuba est le problème central de l’humanité, c’est vrai ! ». Tentative de lol-phrase me semble-t-il. On a connu Méchancon plus efficace.

 

CONCLUSION

ZZZZZZZZZZZZ………………ZZZZZZZZZZZZZZZZ…………ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ……ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ……ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ

 

BONUS

A la fin Franz-Olivier Giesbert et une autre journaliste dont j’ai oublié le nom, était conviés pour tirer les enseignements de ces deux soirées. Et  là déchaînement de F.O.G. Une lol-phrase à la minute :

On  s’est emmerdé

Arthaud est un moulin à parole

Son programme c’est « les Bronzés font de l’économie »

Cheminade serait mieux en première partie de Canteloup

Efa, on comprend rien à ce qu’elle dit et de toute façon on s’en fout

NDA c’est le mini-gaulliste, tout petit petit, le gaulliste de poche

La blonde a un coté bulldozer

B.B parle des vrais sujets mais on s’en tape

Flanby fait du planeur

Il à un coté écureuil qui saute d’un arbre à l’autre.

Le nain était bon mais il est cuit.

 

 

Grand débat à la mode France2

Sonnez trompettes !  Hier le service public organisait une émission politique  pour la campagne présidentielle. Au départ il était prévu que ce soit un débat. Flanby et le nain ayant refusé de se prêter au jeu de la contradiction, le grand débat prévu est devenu une succession d’interventions de chaque candidat face à des journalistes. L’émission est divisée sur deux jours. Hier soir dans l’ordre : Dupont-Aignan, Efa, Flanby, la blonde, Poutou (je laisse leurs noms aux candidats moins connus pour que tout le monde les identifie, ce n’est pas du favoritisme)

On nous annonce 20 minutes par candidat. C’est court pour un programme présidentiel. Et Pujadas ose qualifier ça de grand (!!) oral. Chaque intervention sera entrecoupée d’images des coulisses. Quand la politique devient de la téléréalité ça donne des moments palpitants : Efa au maquillage, NDA qui avoue avoir fait la sieste, Flanby est avec madame (youpi!). Fondamental pour choisir le futur président n’est ce pas?

 

NICOLAS DUPONT-AIGNAN

 

Disons le tout de suite, NDA est celui qui va le plus déguster. Le privilège d’ouvrir le bal, probablement. Il entame avec quatre questions vachardes mais sans intérêt : vous présentez vous pour être élu? (non pour faire du tricot…c’est moi qui répond, les candidats sont tous restés dans les clous de ce qu’ils ont l’habitude de dire, je ne développe donc pas ce point) quel est votre espace politique? (sous-entendu « vous ne servez à rien ») quel sont vos modèles? (il est gaulliste, y-a-t-il un doute sur son modèle politique ?…) vous voulez prendre la blonde comme premier ministre ? (question point godwin, je vous renvoie à mon article sur les typologies de questions journalistiques).

C’est bien gentil tout ça mais on a déjà perdu 7’13.

Enfin première vraie question sur son programme : la sortie de l’euro. A partir de là, tir de barrage journalistique. La sortie de l’euro pour eux c’est l’Armageddon. Dupont ne s’en sort pas trop mal quand il arrive à en placer une.

Deuxième question : « vous promettez n’importe quoi? » J’attends qu’on pose la même question ce soir au nain…

Troisième question sur l’école. Confuse la question. On ne sait pas si la question porte sur la délinquance à l’école, la restauration de l’autorité ou autre chose. Du coup la réponse n’est pas claire non plus.

Dernière question sur les consignes de vote au second tour. La question qui m’exaspère le plus, puisqu’elle part du principe que le paysage politique français est immuable et que seuls deux partis peuvent parvenir au second tour et ce, jusqu’à la fin des temps. NDA répond sa lol-phrase de la soirée (je vous mets en gras les lol-phrases, vous pourrez avoir l’air politisé à la machine à café comme ça) : « Je ne jouerai pas les rabatteurs pour deux charlatans« .

On n’a plus le temps. Stop du décompte. Le chrono s’arrête à 16’34. Mais on nous avait promis 20 minutes??? Les 20 minutes comprenaient les questions des journalistes, c’est donc de la publicité mensongère. Tous les autres candidats devront parler 16 minutes donc. Pour diriger le pays. 16 minutes. Pour avoir accès au bouton rouge. 16 minutes. Pour sortir le pays de la crise.

Surréaliste.

 

EVA JOLY

 

Choc chromatique pour commencer. Les lunettes d’Efa sont vert criard fluo. Ca pique les yeux. Après avoir mis mes lunettes noires, je me reconcentre.

Efa va avoir droit aux questions stupides hors-programme pendant trois minutes seulement. Elle est donc à meilleure enseigne que NDA. Normal , France 2 penche à gauche toute (un exemple ) . Etes vous à votre place? Vous êtes un peu rebutante? (j’attends là aussi qu’on pose les mêmes questions au nain…) Accepteriez vous d’être ministre de la justice de Flanby?

Efa profite du moment questions-inutiles pour placer sa lol-phrase (bon c’est du Efa…pas sur que vous vous rouliez par terre de rire mais bon, elle fait ce qu’elle peut) : « Il y a la gauche molle qui ne promet rien et la gauche folle qui promet tout, moi je suis la gauche raisonnable« . Saurez vous trouver dans quelle partie de la phrase est l’effet-lol?

On passe aux questions programmes. Prix de l’essence que faire? L’éolien, économiquement ça ne marche pas? Vous voulez créer 1 million d’emplois alors que c’est 10 dernières années on n’a créé que 300 000 emplois? Sur la dernière à sa place j’aurais répondu « moi je vais sortir le pays de la crise contrairement au nain au pouvoir depuis 10 ans, ducon! », mais je ne suis pas Efa qui l’a joué réponse technique.

Suite des questions. Gna gna gna combien ça coûte? (non J-P Pernaud n’était pas en plateau…) Question hors-programme « vous voulez les 32h? » « ben non ce n’est pas dans mon programme » « je sais » . Mais pourquoi poser cette question dans ce cas ?!!?

Le climax d’Efa. La juge au tribunal. Opération Sauvez-Sarko.   »Vous vous en êtes pris au nain sur Karachi, Bettencourt. C’est TRES GRAVE!!!!VOUS AVEZ DES PREUVES ??????? ET LA PRESOMPTION D’INNOCENCE ??? ». Ton hargneux. Efa s’en sort bien. Justement elle était juge, elle sait quoi répondre.

Après, ça part en grand n’importe quoi. Questions sur la laïcité. Efa répond en anglais (on a échappé à l’arabe) : « When it’s not broken don’t fix it ». Le petit blanc popu des quartiers dit-sensibles va tout comprendre c’est sur…

Clap de fin sur la question « fondamentale » : « pourquoi avez vous changé de couleur de lunettes? » (si si ) …En même temps :

 

FRANCOIS HOLLANDE

 

Pujadas démarre très fort  : « nous accueillons le favori » …en toute simplicité. Ceux qui ont réussi vaillamment à lutter contre le sommeil jusque là, pensant que voir tout le monde aller aider à faire un choix, sont ravis je pense.

En tant que « favori » il n’aura droit qu’à des questions sur son programme. Ne perdons pas de temps avec des futilités, n’est ce pas ? Là c’est un vrai candidat, c’est sérieux.

Sur la première question, Pujadas croit déceler une pique contre le nain. L’opération Sauvez-Sarko reprend immédiatement mais Flanby élude assez bien.

La question qui tue  (elle sera répétée trois fois en l’état et une autre fois sous une forme détournée) : « après l’élection, les marchés vont attaquer la France, allez vous modifier votre programme en conséquence? » Le ton deviendra de plus en plus hargneux. Pour prouver qu’il est un candidat sérieux, Flanby est sommé de plier devant la dictature des marchés financiers. Il résiste pas trop mal, dans le discours en tout cas.

A l’occasion d’une allusion à la cour des comptes, l’opération Sauvez-Sarko se poursuit : « vous ne pensez tout de même pas que le président maquille les comptes de la nation tout de même??? ». Non c’est bien connu le nain est aussi pur que l’agneau qui vient de naître…

Tout les lieux communs journalistiques y passent ensuite, dont le célèbre   »MAIS IL N’Y A PAS D’ARGENT !!!! » prononcé avec une voix qui s’étrangle vers les aigus  (question « rien n’est possible », jamais posée au nain, vous verrez ce soir…)

Question sur les propositions quotidiennes du nain. Flanby peut sortir sa lol-phrase : « Je ne suis pas un candidat pochette surprise, moi« .

Ensuite série de questions sur l’international. Flanby est un candidat sérieux donc on le présidentialise avec des questions de président (Afghanistan, OTAN, relation avec les USA, crise au Mali).

Ensuite en coulisses, Efa a du avaler ses lunettes sur la question concernant les accords verts-PS : « le programme de gouvernement sera le mien exclusivement« . Moi j’ai bien ri à ce moment mais techniquement, ce n’est pas une lol-phrase.

Clap de fin une fois de plus sur une question cruciale, probablement la question la plus conne de la soirée : « allez vous faire un meeting commun avec Méchancon entre les deux tours? » Attention, la question n’est pas « envisagez vous un programme de gouvernement commun avec le front de gauche si il fait un bon score?  » ce qui serait une question de débat présidentiel. Non la question porte sur la possibilité d’un meeting commun. Donc sur le spectacle. Cette question fondamentale sera répétée trois  (?!!) fois.

 

MARINE LE PEN

 

Pujadas attaque bille en tête avec la question la plus surréaliste de la soirée. « Des centaines de milliers de réfugiés vont arriver de Syrie bientôt, compteriez vous les accueillir? » Des centaines de milliers? De Syrie? Il a fumé quoi Pujadas à ce moment là ?

En tout cas il a commis une erreur tactique. Lancer la blonde sur l’immigration c’est comme laisser un troupeau d’agneaux affolés devant une horde de loups affamés. Les journalistes vont avoir beaucoup de mal à en placer une pendant les 16 minutes de temps de parole. J’ai compté deux fois moins de questions qu’avec les autres. La blonde monopolise la parole, elle est déchainée. En même temps, elle est là pour ça.

Deuxième et troisième question sur la crise syrienne toujours. La blonde sort ses lol-phrases (deux pour le prix d’une – le dernier à passer n’a pas fait de lol-phrase, ça compense) : « La Libye ça n’intéresse plus personne maintenant que BHL est reparti avec sa chemise » et « Si vous considérez qu’il faut faire la guerre en toute circonstance, vous prenez votre paquetage et vous y allez! »

On continue sur l’immigration, l’affaire Merah, le port de signes religieux ostentatoires dans l’espace public. La blonde est dans son jardin, elle pilonne à l’arme lourde.

Le journaliste économique va quand même essayer de placer les questions armageddon spécial sortie de l’euro d’une manière totalement neutre et sans parti pris aucun. Voyez plutôt : « Vous allez faire marcher la planche à billets ……comme en Iran, à Cuba, au Vénézuela, au Zimbabwe ?? » Totalement neutre, on vous dit…

La chance de la blonde c’est que Dupont est passé avant elle, il a déjà détaillé pédagogiquement le mécanisme de sortie de l’euro. Elle en profite donc pour éluder certaines réponses et n’en faire qu’à sa tête. Le journaliste a l’air sonné.

Moment étrange. La blonde joue au sphinx et propose une énigme, dessinée sur une feuille de papier. Vous aurez le moment en video quelque part , je pense que ça va buzzer un peu, tellement le moment frôle l’irréalité.

Les journalistes sont littéralement assommés (on va le constater avec le candidat suivant) par la tornade blonde. Ils ont perdu le contrôle. Ils n’arriveront plus à le reprendre jusqu’à la fin de l’émission.

 

PHILIPPE POUTOU

 

Poutou qui en général n’est pas ménagé par les médias qui font à son égard -osons le dire- du racisme de classe, va bénéficier de l’effet blonde. Les journalistes sont un peu hébétés, lui il est tout frais. Il va probablement livrer sa meilleure prestation télé à ce jour.

Pourtant ça démarrait mal, alors qu’il n’avait pas encore ouvert la bouche, les deux greluches dans le public derrière Pujadas se mettent à glousser sans interruption. Sont-elles juste dindes ou payées par la prod’, nous ne le saurons jamais…

On veut d’abord lui faire dire que le régime qu’il propose c’est un régime communiste, mais comme on est sonné , on tourne autour du pot sans prononcer les mots qui tuent (communiste, cuba, URSS au choix). Poutou ne tombe pas dans le piège et fait référence la commune de Paris.

Ensuite petit miracle. François Lenglet, le journaliste économique qui harcèle et assomme les candidats avec des chiffres, des graphiques, des comptes, leur demande continuellement « mais il n’y a pas d’argent!! », etc va enfin se faire fermer son clapet ! Par Poutou ! Le candidat « amateur » de la campagne ! Lenglet a raconté n’importe quoi sur le chiffrage du projet NPA et s’est fait renvoyer dans ses cordes. Un des moments les plus jouissifs de l’émission je pense. Mais il fallait réussir à tenir jusque là (il est presque 23h).

A partir de là les journalistes sont définitivement morts. Ils posent les questions pour la forme mais contre-argumentent mollement. Poutou déroule donc son programme sur du velours et peut lui aussi monopoliser la parole, comme la blonde.

Tout y passe. Les réquisitions des banques, des grands groupes, des logements vides. L’ISF. L’interdiction des licenciements. Le démantèlement de l’UE. L’immigration de masse.

Pourtant il était prévu de le démolir. Poutou est le seul candidat qui va avoir droit à un reportage vidéo en guise de question : interview de militants NPA qui le trouvent…nul . Rien que ça. Bravo la neutralité journalistique…Même là, il va réussir à s’en sortir en riant de lui-même.

CONCLUSION :

La mécanique de l’émission était conçue et prévue pour présenter Flanby comme le seul candidat crédible de la soirée. Echec sur toute la ligne. Si NDA a essuyé les plâtres et s’est un peu ramassé, Efa a fait une prestation honnête, la blonde, elle, a atomisé le dispositif, et Poutou a profité de l’aubaine.

Je prévois déjà que ce soir, tout sera prévu pour mettre en valeur le nain, qui comme par hasard sera le dernier à parler (il pourra donc rebondir sur tout ce qu’auront dit les autres). Espérons que quelqu’un d’autre démonte la mécanique (je mise sur Méchancon, mais une surprise est toujours possible).

 

Oui-Oui au pays des Soviets

Méchancon veut abroger Hadopi.

Jusque là ça va.

C’est après que ça se gâte.

Il veut instaurer un service public de téléchargement.

Comment ça marche? «  Les auteurs pourront y déposer leurs oeuvres : un album, un morceau, un court-métrage, un film, un documentaire… L’internaute pourra alors télécharger des oeuvres dont le prix aura été fixé par l’Etat. L’intégralité de la somme sera reversée à l’auteur »

Le prix fixé par l’Etat? Et l’auteur il n’a pas son mot à dire ? Sur amazon par exemple, les écrivains fixent eux-même le prix de leur livre numérique (et en récupèrent 70%).

Quid des oeuvres étrangères?  Vous croyez vraiment que l’obscur petit groupe de rock californien va penser à venir intégrer ses chansons là alors qu’il peut les diffuser à sa guise (et à ses conditions) sur le net.

Quid des oeuvres déjà éditées et dont les majors sont déjà propriétaires des droits? Je doute qu’elles se retrouvent gracieusement à prix cassés sur la plate-forme…

Quid des plateformes légales concurrentes? « les prix baisseront automatiquement » …tiens tiens le Front de Gauche se convertit à la libre concurrence?

Non pas vraiment bien sur…Comme il faudra financer tout ça, les taxes vont pleuvoir : une redevance internet sur le modèle de la redevance télé (sera-t-elle d’un montant équivalent s’interroge avec effroi le chat contribuable? ), des nouvelles taxes pour les fournisseurs d’accès (parce qu’il n’y en avait pas déjà suffisamment?), taxes sur les supports informatiques (ça existe déjà…), taxes sur les sites qui profitent de la culture…

Donc on résume  : taxes à gogo pour mettre en place un machin tellement archaïque par rapport aux usages actuels des utilisateurs, que l’on peut prédire sans trop se mouiller que cette plateforme sera un échec.

Mais au FG on continue de rêver. Martine Billard, co-présidente du parti nous la joue Oui-Oui aux pays des Soviets, car avec leur solution « le téléchargement illégal n’existera quasiment plus« .

Vous avez un fou rire? Mais pourquoi?

 

Quel beau pays !

Le reproche le plus fréquent fait au nain par ses adversaires de gauche, c’est celui de cliver la société française et de monter des catégories de français les uns contre les autres.

Ce reproche n’est pas exempt de vérité. Mais la gauche française ferait bien, selon le célèbre dicton de la paille et de la poutre, de faire un peu son autocritique.

En effet les gauchistes de Rue89 viennent de lancer une application pour smartphones, nommée Alerte Politique.

Le but : « la fonction d’alerte vous prévient dès que vous arrivez dans une commune où la famille politique que vous surveillez (sic) dépasse le seuil d’alerte que vous avez fixé ».

L’application se base sur les données électorales pour faire son calcul.

Pour ces gens là, il est donc impensable de se balader ou d’aller boire un café dans une ville, un village, un arrondissement dans lequel leur couleur politique ne serait pas majoritaire. Pour eux l’apartheid (politique) c’est normal.

A quand des transports en commun avec des places dédiées pour chaque typologie d’électeurs? A quand des rues séparées? des files d’attentes séparées? etc

Mais ce sont les mêmes qui voient des nazis et des fachos partout…La paille et la poutre, je vous dis….

(l’appli est payante, parce qu’il ne faut pas déconner non plus, la vigilance citoyenne doit aussi rapporter du pognon)

Lécher les babouches ne sert à rien.

La chaîne de télévision catholique KTO postulait pour l’attribution d’une des nouvelles fréquences de télévision numérique terrestre.

Ayant déjà été recalée deux fois par le CSA, la chaîne avait décidé de mettre le paquet pour séduire le jury et donc de se renier un peu en surfant sur les modes idéologiques du moment.

Chaine exclusivement catholique, KTO proposait dans sa nouvelle mouture de s’ouvrir à la diversité. Et pour commencer de se mettre à diffuser des émissions sur les autres religions (islam, judaïsme, autres religions chrétiennes). La chaîne s’engageait à diffuser des rendez- vous quotidiens sur la spiritualité dont l’orientation était la suivante : « en faveur du vivre ensemble et contre les tentations de repli identitaire ». On ne saurait mieux céder et se prosterner devant l’idéologie anti-raciste en léchant quelques babouches au passage, pour bien faire…

Fort heureusement le reniement est parfois très mal récompensé. Et le CSA, plutôt que d’accorder une fréquence à une chaîne catholique relookée aux couleurs du vivre-ensemble et de la diversité, lui a préféré l’original en la matière. La chaine TVous la diversité a obtenu , elle, sa fréquence. Propriété de Xavier Niel et de François-Henri Pinault, la chaine a pour idéal de promouvoir la diversité.

Je prends le pari, sans trop grand risque, que dans cette diversité là, le catho de souche n’est pas prévu au programme…

On pouvait  deviner aisément ce dénouement…mais les catholiques ont toujours tendance à croire au miracle.

La nature soumise au droit du copyright

Vous avez aimé?

Ca vous a détendu, jeunes urbains stressés…

Bientôt il y aura beaucoup moins, voire plus du tout de chant d’oiseaux sur youtube.

Je vais vous raconter une petite histoire.

Un jeune homme qui aime beaucoup la nature  a l’habitude de poster des vidéos d’oiseaux sur youtube.

La dernière fois qu’il a essayé de le faire, on l’a informé qu’il utilisait du contenu protégé.

Des chants d’oiseaux protégés????

Le contenu protégé est censé appartenir à la société Rumblefish, spécialisé dans la vente de licenses musicales. Elle utilise les algorithmes  ID Content de google pour vérifier que ses contenus ne se baladent pas indûment sur la toile.

Quand Rumblefish identifie les contenus en question, elle ne les bloque pas mais propose d’y intégrer de la publicité. Dont elle tire de juteux bénéfices, Google empoche aussi sa commission au passage.

Oui mais on tourne en rond. Des chants d’oiseaux ne sont pas du contenu protégé, non?

Il y a une erreur dans l’algorithme qui signale donc aussi des sons naturels.  Lorsque qu’une société recoit un avis de youtube pour confirmation de possession des droits du contenu concerné, elle doit vérifier manuellement. Or Rumblefish confirme automatiquement et systématiquement  posséder les droits sans que personne d’autre n’intervienne dans le processus.

Tout le monde s’en lave les mains. Il y  a un vide juridique. Et tout le monde se sucre au passage, sauf l’internaute qui n’a pas le choix : publication avec pub ou blocage.

Bien évidemment aucune loi de « soit-disant » défense du droit d’auteur (HADOPI, ACTA) ne contient de clause  pour faire cesser cette piraterie là.

Pour ACTA elle prévoit même l’extension  encore plus large et abusive du droit d’auteur.

Si ça continue, de petits malins vont breveter des paysages et vouloir nous faire payer le droit de les regarder…

Le futur s’annonce merveilleux.

 

 

 

Nostalgie…

Une tasse de café à la main, un oeil vers le ciel morose. J’apprends au détour d’un JT l’inauguration prochaine de la nouvelle tour de Tokyo.

Je ne suis jamais allé à Tokyo mais je connais l’ancienne, elle fait partie de mon paysage intérieur. Omniprésente dans tellement de mangas qui bercent mes rêveries du weekend…

Alors ce matin, je décide de revoir X-1999 de CLAMP. Tokyo. L’ Apocalypse. La tour, lieu nodal  de la fin des temps.

Pour voir la suite c’est .

 

Angeli-nouille

Quand une actrice passe derrière la caméra, le navet n’est pas loin (sauf dans le cas de Jodie Foster).

Angelina Jolie, non contente d’avoir une filmographie maigre en chefs-d’oeuvre, d’être botoxée jusqu’à la moelle, d’être une briseuse de mariage et d’adopter un enfant du tiers monde dès qu’elle a un coup de cafard, Angelina Jolie, donc, se lance dans le cinéma « engagé » en réalisant son premier film « Au pays du sang et du miel ».

La presse est unanime pour en dire du bien.

Ce qui, concernant un film « engagé », signifie immanquablement qu’il s’agit de propagande.

Le résumé : une histoire d’amour contrariée entre un soldat serbe et sa prisonnière bosniaque.

Les serbes sont bien évidemment caricaturalement barbares, sauvages…voire inhumains et les bosniaques doux comme des agneaux.  Non, non, ce n’est pas du tout manichéen…Angeli-nouille s’est renseignée sur le sujet aucun doute là dessus : « Je parcours le monde, je constate des injustices, je m’informe »…  Elle a juste un peu oublié de demander aux serbes leur avis, son film exposant sans aucun recul et exclusivement le parti pris bosniaque.

Et en plus c’est un mauvais film, à la fois grossièrement violent et ridiculement nunuche.

Si comme moi vous préférez les bons films,

si vous préférez qu’un film respecte la réalité du contexte historique,

je vous conseille celui-ci, « La vie est un miracle » d’Emir Kusturica.

Le résumé : une histoire d’amour contrariée entre un serbe et sa prisonnière bosniaque. (tiens tiens ça me rappelle quelque chose)

C’est beau, drôle et émouvant