Le petit bout de la lorgnette.

« On a gagné ! On a gagné » Il manque une invasion des Champs-Elysées à ce concert de satisfaction de la France dite progressiste, mais exprimer sa joie comme le moindre supporter de foot serait probablement considéré comme beauf par la boboitude parisianiste. « Faire comme le peuple ? pfff…vulgaire. »

Sauf que

la politique n’est pas un match de foot.

Oui, certains ont gagné un droit. Que les homosexuels qui souhaitent se marier, se réjouissent de pouvoir le faire, est une chose.

Que l’on se réjouisse d’ »avoir niqué sa race à l’ordre moral » et à la « France moisie » en revanche, est une erreur de perspective. C’est voir la politique et la société française par le petit bout de la lorgnette.

C’est la première fois depuis 20 ans, qu’une loi provoque un mouvement de contestation d’une telle ampleur (depuis les grandes grèves de 1995 précisément). En 1995, déjà, le pouvoir en place avait choisi de ne pas céder, à la différence près, que ne se pratiquaient pas le gazage et le matraquage systématiques des manifestants. En 1995, déjà on montait les Français les uns contre les autres et l’on vouait les fonctionnaires à la vindicte de la majorité.

En 2013, le paradigme a changé. Cette France qui est descendu dans la rue, n’est pas, comme certains le prétendent, une petite minorité d’extrémistes (attachés à leur privilèges comme on a pu le lire ici ou là ? quels privilèges ? le mariage ? il ne s’agissait pas de supprimer aux hétérosexuels le droit de se marier que je sache…la mauvaise foi des militants à carte de presse est sans limite) . C’est au contraire la majorité, d’habitude silencieuse, qui a décidé de se faire entendre. Cette France moyenne, qui depuis tant d’années, sous les gouvernements de gauche comme de droite, s’en prend « plein la gueule » : pas assez riche pour faire de l’évasion fiscale, pas assez pauvre pour que les politiques s’en préoccupent. Elle n’est bonne qu’à payer ses impôts et la boucler. Et bien là, elle avait décidé de se faire entendre.

On l’a méprisée.

En temps de prospérité, le climat s’apaiserait je le crois assez rapidement, suite au vote de la loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels. Mais les Trente Glorieuses sont derrière nous.

La fracture de la société française va être je le crains, durable. On a attisé les haines entre les Français : les médias et les politiques en sont coupables. Coupables de mensonges : minimisation de l’ampleur véritable de la contestation en truquant si besoin était les images des manifestations , mensonges sur la soit-disant violence des manifestants (les violences étaient du côté de la police, je peux personnellement en témoigner), montée en épingle de faits-divers présentés comme homophobes pour créer un climat de peur, et pour finir passage en force à l’Assemblée nationale en accélérant les procédures.

Certains ont gagné. Oui. La démocratie, elle, a perdu. Une minorité a imposé ses vues à la majorité. On va me dire que la majorité des Français est d’accord pour le « mariage pour tous », c’est faux. Les sondages sur la question sont contradictoires, les derniers en date montraient même plutôt un basculement de l’opinion, contre.  Le seul moyen d’en être certain était de faire un referendum : les débats n’en auraient pas été moins vifs mais le résultat, lui, aurait été incontestable par la partie perdante, le peuple souverain s’étant exprimé. Les esprits se seraient apaisés. Alors que maintenant cette loi sera entâchée du soupçon d’illégitimité et l’amertume restera.

Non content d’avoir attisé un climat très malsain dans notre pays, Flan-Flan Ier ne va pas s’arrêter en si bon chemin. La fameuse majorité silencieuse va continuer à « s’en prendre plein la gueule » : l’heure est à l’austérité. Là encore, on accélère les procédures de vote à l’Assemblée (le démantèlement du code du travail est en cours, pendant que nous nous étripions tous joyeusement sur le « mariage pour tous ») , les impôts vont pleuvoir, c’est prévu, les baisses des prestations sociales aussi. Le chômage s’aggrave. Et je ne parle même pas de l’insécurité, puisque maintenant il faut mettre des armadas de flics autour des bars gays au lieu de lutter contre la délinquance du quotidien, qui touche tout le monde (gay ou hétéro), elle.

L’obstination de Flan-Flan Ier , le refus d’un referendum ont acté la rupture définitive et profonde du peuple français et de ses élus.

Marquer le début du « mariage du tous » en divorçant d’avec le peuple, sera probablement la faute politique du quinquennat.

Certains fantasment  : « nous sommes en 1789″. Je peux me tromper, mais je ne crois pas que la contestation ira au delà du baroud d’honneur prévu le 26 mai dans l’immédiat (et je conseille aux participants de laisser les enfants à la maison ce jour là, cette manifestation sera la première d’envergure de « l’après », elle sera (malgré les mots d’ordre pacifiques inchangés) de fait, POLITIQUE -contestation du gouvernement et refus du déni de démocratie, elle ne pourra pas bien se passer quoiqu’en pensent les candides, la police cherchera encore plus les incidents qu’elle ne l’a fait ces derniers jours afin de mettre un terme définitif à la contestation, les manifestants eux seront à bout d’avoir encaissé autant de mépris depuis des mois sans résultat, le cocktail sera donc explosif ) . Mais le déni de démocratie conjugué à la crise économique vont maintenant ronger le corps le corps social, les germes de la révolte sont en place. Mais nous ne sommes pas encore en 1789.

Non. Nous sommes en 1787.

Pendant la campagne électorale 2012, le candidat socialiste voulait une « France apaisée ».

Alors Flan-Flan , heureux ?

Fraudipédia. La méthode.

Les déclarations de patrimoine officielles des ministres viennent d’être publiées. La presse va se contenter de commenter sans vérifier, ou alors de manière très superficielle.

Or ce qui importe, ce n’est pas le montant du patrimoine de nos ministres (nous laissons cela aux discussions de bistrot -on va en entendre sur le patrimoine de Fabius ou de Delaunay), mais de savoir si ce patrimoine déclaré correspond bien à leurs revenus et à une quelconque réalité. C’est pour cela que j’ai choisi comme titre générique de cette série d’articles Fraudipédia. Ce que nous voulons savoir, c’est qui fraude. Il ne s’agit pas de jeter l’anathème sur ceux qui ont de gros revenus -tant que ces revenus sont légaux bien sûr.

Le plus facile à vérifier sera la valeur du patrimoine immobilier déclaré. Le prix du mètre carré est connu.

Nous n’avons pas accès aux déclarations d’impôts. L’évaluation de leurs revenus ne pourra donc qu’être approximative dans certains cas. Les seules choses dont nous pourrons être certains dans ce domaine seront : les indemnités provenant de mandats électifs (les grilles de rémunération sont publiques), les revenus provenant d’activités salariées (privées ou publiques, là aussi les grilles sont connues). Pour les revenus provenant  d’activités libérales, cela sera plus compliqué : un avocat par exemple peut aussi bien être un crevard gagnant péniblement le SMIC les bons mois,  qu’un grand bourgeois grassement rétribué pour ses activités d’avocat d’affaire. Donc, si en se limitant aux chiffres connus, il manque quand même de l’argent dans la déclaration de patrimoine (comme c’est le cas de celle du président de la République), on pourra supposer que cet argent est dissimulé quelque part.

Ces revenus seront mis en corrélation avec la valeur du patrimoine mobilier et immobilier, le solde des comptes courants, les autres biens déclarés, les dettes et nous verrons si tout cela est bien cohérent. Ne les croyez pas plus malins qu’ils ne sont. Ils savent que personne ne vérifie et donc qu’il leur est facile de raconter n’importe quoi. Pour Hollande j’ai trouvé un différentiel de 2 millions entre les revenus et le patrimoine. Donc je prends le pari que nous allons avoir quelques surprises.

Il existe aussi des fraudes en amont : par exemple, les ventes par adjudication dont les prix sont fixés par l’administration des Domaines sont connues pour être des arrangements pour les « copains », permettant ainsi de se constituer un patrimoine confortable bien en deçà des prix du marché à l’achat. La manoeuvre sera toutefois difficile à prouver. On ne pourra que faire des suppositions.

Nous vérifierons aussi les statuts matrimoniaux. En regardant rapidement les déclarations j’ai constaté qu’une dizaine de ministres étaient mariés sous le régime de la séparation de biens. Certains pourtant, ne déclarent aucun patrimoine en dehors d’une résidence principale de petit standing. Ce qui est curieux. Un régime de séparation de biens n’a aucun intérêt si l’on n’a pas de patrimoine. Il faudra donc vérifier si le conjoint dispose, lui, d’un patrimoine en propre, ce qui pourrait expliquer rationnellement le choix de ce régime matrimonial. Sinon c’est hautement suspect.

Chaque ministre sera passé au crible. Je prendrai les déclarations une par une, dans leur ordre de publication : pas de favoritisme, pas d’acharnement. Toutes ces vérifications vont prendre du temps. Je ne publierai donc pas ces analyses tous les jours.

Mais ils y passeront tous. Sans exception.

Nous commencerons dans les 48h qui viennent avec le Premier Ministre.

Voyeurisme nécessaire.

Comme je vous l’avais annoncé il y a quelques jours, la résistance s’organise contre la transparence. De droite, de gauche, libéraux, socialistes, tout le monde commence à se dresser vent debout contre la publication du patrimoine des élus.

Argument central : ce n’est que du voyeurisme. C’est jeter en pâture à la jalousie des gueux des braves gens qui pour la plupart seraient « honnêtes ». Richesse n’est pas crime après tout.

Non, richesse n’est pas crime effectivement. Mais il s’agit là d’un argument fallacieux. Car ces publications de patrimoine n’ont pas pour but de savoir qui est riche et qui ne l’est pas, mais qui FRAUDE et qui ne FRAUDE pas.

Une fois le patrimoine publié, il est assez facile pour un citoyen ordinaire de vérifier si le parcours professionnel -et les revenus afférents-  de politicienX correspond bien au patrimoine qu’il déclare. Je dis le citoyen, car il ne faudra pas compter sur une quelconque instance de contrôle (ils ne se condamneront pas entre pairs), ni sur le fisc (la hiérarchie fait pression sur ses agents pour garder les dossiers politiques sous clé), ni sur la presse, paresseuse ou couchée -souvent les deux.

Une fois les vérifications d’usage effectuées, qu’allons nous découvrir ?

Que certains fraudent (à commencer par le premier d’entre eux). Ce qui signifie :

- soit qu’ils votent des lois fiscales injustes en toute connaissance de cause : ils savent qu’elles sont injustes puisque eux même les contournent. Et dans ce cas, les voter est INADMISSIBLE.

-soit que ces lois fiscales sont justes et nécessaires, dans ce cas les frauder est INADMISSIBLE.

Quand à ceux qui ne fraudent pas, les déclarations de patrimoine rendues publiques, vont mettre en lumière le prix de leur incompétence (presque 20 000 € mensuels pour un député). Ils sont payés pour voter des lois qui ont transformé notre pays en cimetière économique, industriel, moral, etc. Payés avec la sueur des travailleurs, les impôts.

Voilà pourquoi ils ne veulent pas que l’on sache.

Savoir c’est se révolter.

 

 

François Hollande ment-il sur son patrimoine ?

L’heure est à la moralisation de la vie politique, le président François Hollande le martèle depuis les aveux de Jérôme Cahuzac concernant son compte suisse non déclaré. Le président de la République a annoncé mercredi matin, qu’allait être créée une Haute Autorité pour vérifier les déclarations de patrimoine des ministres et des élus. On ignore encore quelles seront les modalités de fonctionnement de cette instance de contrôle. Rien n’empêche en attendant sa création effective, de procéder soi-même à quelques vérifications. Il paraît évident de commencer par la tête, j’ai nommé François Hollande, président de la République et apôtre de la moralisation de la vie politique.

Que nous dit sa déclaration de patrimoine 2012 ? Revue de détail.

 

La maison de Mougins

François Hollande déclare posséder une maison de 130 m2 , avec 1500 m2 de terrain, à Mougins dans les Alpes-Maritimes. Valeur déclarée : 800 000 euros.

Voyons le prix de l’immobilier à Mougins  : la villa de François Hollande se situe dans le quartier le plus cher. Prix du m: 8989 euros. Une villa de 130 mdevrait donc plus s’évaluer aux alentours de 1 165 970 euros (sans compter la valeur du terrain). Les agents immobiliers locaux confirment que dans cette coquette petite ville du sud de la France, très prisée par le gratin artistique et politique, les prix sont au plus haut : « Mougins est en quelque sorte le Neuilly de la Côte d’Azur. On ne trouve pas une maison correcte à moins de 1,5 million d’euros. Et, dans les quartiers les plus cotés, comme le Redon, les Colles ou Saint-Barthélemy, les villas s’envolent à 10 millions, voire bien au-delà”, précise Michel Brévin, de l’agence Label Properties. » (source)  Et la maison de François Hollande, si elle n’est pas un palais, peut néanmoins être qualifiée de « correcte » (photos). Ce n’est pas un cabanon.

Les appartements à Cannes

Selon la déclaration officielle de patrimoine du président, ils sont au nombre de deux.

Le premier de 54m2 est déclaré pour une valeur de 230 000 euros. François Hollande déclare posséder 70% de cet appartement où loge son frère. Reprenons la calculette. Valeur du m2dans ce secteur de Cannes : 5614 euros. (cela peut monter plus haut dans cette zone, jusqu’à 10 000 euros le m2, mais en l’absence d’autres informations, contentons nous du prix moyen). La valeur du bien serait donc de 303 000 euros. Bien. On pourrait objecter que François Hollande ne possède que 70% de ce bien. Parfait. Dans ce cas, si la déclaration officielle de patrimoine indique la valeur de sa part, elle devrait indiquer seulement 212 000 euros. Ce qui ne colle pas non plus. Nous allons voir plus loin pourquoi.

Le deuxième appartement est situé à la même adresse que le premier, sa surface est de 80 m2. L’appartement appartient à la SCI Olfi domiciliée à la même adresse, le président de la République déclare posséder 30% de cette société. Valeur déclarée : 140 000 euros. Le seul point pour le moment, où la déclaration semble proche du réel. Si l’on se base toujours sur un prix moyen du m2 à 5614 euros, on obtient un montant de 134 736. Assez proche du montant déclaré. Mais le diable est dans les détails.

Si l’on fait le calcul en sens inverse pour voir sur quelle  valeur au m2  est basée la déclaration de François Hollande, il y a une petite surprise :

Appartement 1 (si l’on part du principe que 230 000 euros correspond aux 70%) : 6084 euros/m2

Appartement 1 (si 230 000 est la valeur totale) : 4259 euros le m2.

Appartement 2 : 5833 euros le m2.

Les appartements sont à la même adresse. Il y a donc une incohérence. L’un des deux appartements (a priori le deuxième) semble donc  sous-évalué. Mais de peu. Cette partie de la déclaration est donc presque correcte.

Le mystère de la SCI La Sapinière

La SCI la Sapinière est une société civile immobilière, créée en 1990 par le couple Hollande-Royal afin d’acquérir des biens immobiliers : en l’occurrence un appartement à Boulogne-Billancourt pour ce que l’on sait. Elle n’apparait pas dans la déclaration de patrimoine de François Hollande. La société est domiciliée au 28 avenue Duquesne dans le 7ème arrondissement de Paris. Les comptes d’une SCI n’ont aucune obligation d’être rendus publics, ce qui est avantageux : il n’ y a aucun moyen de connaître l’inventaire exact des biens gérés par la SCI la Sapinière. Nous devons donc croire François Hollande sur parole. Il affirme qu’au moment de la séparation le couple s’est partagé les biens : à Royal, l’appartement de Boulogne,à Hollande la maison de Mougins. Il aurait donc cédé ses parts dans la SCI la Sapinière à ce moment-là (source). Problème : au greffe de la Chambre de Commerce de Paris, Francois Hollande apparaît toujours comme gérant de la société (source). Il aurait donc menti sur ce point. Les statuts de la société stipulent que les gérants doivent résider au 28 avenue Duquesne. François Hollande n’y réside pas, Ségolène Royal non plus. On peut supposer en revanche qu’il y a un bien immobilier à cette adresse, a priori géré par la société. Peut être y en a-t-il d’autres ailleurs ? On ne peut l’affirmer mais il est quand même très étrange que François Hollande apparaisse toujours comme gérant d’une société si celle-ci gère exclusivement l’appartement de Ségolène Royal, surtout maintenant qu’ils sont séparés.

L’assurance-vie

En dehors de ces biens immobiliers, le président de la République ne déclare posséder qu’un petit contrat d’assurance-vie d’un montant total de 3550 euros. Ce qui est pour le moins curieux.

Au moment de cette déclaration (en 2012 donc) François Hollande cumule son mandat de député, son mandat de conseiller général et la présidence du Conseil général de Corrèze.

Un député perçoit les indemnités suivantes (montants bruts) : 5514,68euros d’indemnité parlementaire de base, une indemnité de résidence de 165,44euros, une indemnité de fonction de 1420,03euros, une indemnité représentative de frais de mandat de 6412euros. Total : 13 512,15euros brut. On pourrait y ajouter le crédit mensuel alloué pour la rémunération des collaborateurs (9138euros) : certains députés l’utilisent indûment à titre personnel, car aucun contrôle n’est exercé sur ces fonds. En l’absence d’informations concernant François Hollande, laissons lui le bénéfice du doute en ne tenant pas compte de cette rémunération dans le calcul de ses revenus d’élu.

Poursuivons le détail des indemnités de nos élus.   Indemnité pour un président de Conseil général : 5512,13 euros brut. Pour un conseiller général d’un département de moins de 250 000 habitants comme la Corrèze : 1520,59 euros brut.

En cas de cumul, le montant global des indemnités est plafonné. Pour un mandat de député le plafond est fixé à 8272 euros. Mais les frais de représentation ne rentrent pas dans le calcul du plafond, il faut donc les y ajouter, ainsi que les indemnités de résidence et de fonction. Total : 16 269,47 euros mensuels. François Hollande a donc menti sur ses indemnités pendant la campagne électorale : parfois il déclarait 9000euros, parfois 7000 euros, il n’avait pas l’air très sûr…et pour cause (source). Il faut savoir également que les sommes qui dépassent le plafond peuvent être redistribuées à l’élu de son choix, cela se nomme l’écrêtement. Dans le cas de François Hollande, le montant correspond à 4275 euros mensuel, qu’il affirme reverser au conseil général de Corrèze. Il n’existe aucun dispositif de contrôle sur la destination réelle de ces sommes, aucun moyen de vérifier donc si les élus cumulards se limitent vraiment au plafond, déjà confortable, qui leur est alloué et si ils reversent bien le surplus. Là encore en l’absence de données vérifiables, on ne tiendra pas compte de ce montant dans le calcul des revenus.

Revenons à notre assurance-vie. Un élu cumulard comme l’était François Hollande avant d’être président de la République touchait donc chaque année 195 233,64 euros brut, ce qui nous donne environ 156 000 euros net.

Et le président « normal » n’aurait que 3000 euros d ’épargne ? C’est étrange pour le moins. Il ne déclare rien d’autre, pas d’actions, aucun autre placement. Il cumule depuis 1997, depuis 16 ans donc. Seize ans, cela fait un total de 2,5 millions d’euros environ.

Si l’on se base sur le montant à l’achat de ses biens immobiliers sur  sa déclaration de patrimoine, on obtient le total  de 142 000 (Mougins) + 96 000 (appartement 1) + 68 000 (appartement 2) , soit 306 200. Rajoutons l’assurance-vie de 3000 euros. Total : 309 200. Si l’on soustrait ce montant de indemnités qu’il a touché depuis seulement ces seize dernières années, il manque : 2,2 millions. Où sont-ils ?

Soit François Hollande est très très dépensier (on nous le présente pourtant comme un homme modeste) soit cet argent est ailleurs. Où ? Il serait temps de demander des comptes au Président de la République.

Ce montant pourrait-il être parti en impôt comme il le prétend ? Les fiscalistes sont sceptiques, les montants d’impôts déclarés sont eux aussi suspects et semblent très éloignés de la réalité crédible : « François Hollande vit de ses fonctions d’élu et non de l’écriture : “J’ai renoncé, dit-il, à tout versement de droits d’auteur pour mon livre Le Rêve français, publié en 2011.” Député et président du conseil général de la Corrèze, il perçoit des indemnités mensuelles limitées, en fonction du cumul des mandats, à environ 8 300 euros brut (hors indemnités). Dans ces conditions, son revenu imposable s’élèverait à “78 516 euros”. L’impôt acquitté, prenant en compte le rattachement de sa fille Clémence à son foyer fiscal, atteint, selon lui, très précisément “5 217 euros”. Un chiffre surprenant, selon la fiscaliste Christiane Richard.  ”L’impôt qui correspond à un revenu imposable de ce montant devrait être trois fois supérieur…” Comment expliquer cette différence ?  » (source) Il semblerait donc que François Hollande triche sur le montant de ses impôts : est-ce uniquement face aux journalistes (quand on prétend ne pas aimer les riches payer trop d’impôts ça manque de crédibilité) ou également face à l’administration fiscale. Son avis d’imposition n’étant pas public, c’est difficile à dire.

Si l’on se base sur ce qu’il déclare – aux alentours de 5000 euros d’impôts annuels – on reste encore très loin du compte : il reste encore 2,1 millions d’euros, mystérieusement disparus de la déclaration de patrimoine.

Bien entendu, comme tout un chacun il faudrait comptabiliser les dépenses courantes de la vie quotidienne et les déduire du total. En l’absence de la publication des relevés de compte de François Hollande, il est là encore, difficile de vérifier. On peut néanmoins faire quelques remarques à ce sujet. François Hollande indique posséder 3 comptes bancaires (un à la Banque postale, et deux à la Société générale) ce qui, là encore, est un peu curieux pour quelqu’un qui déclare si peu de liquidités sur ses comptes (7000 euros répartis sur les trois comptes). Curieux mais pas illégal.

Concernant les dépenses courantes, il n’a déjà pas à payer ses frais de transports, assurés par l’Assemblée nationale (train, avion, fourniture de voiture avec chauffeur dans Paris intra-muros). Pour le reste, son train de vie est qualifié de raisonnable par les observateurs et il n’assume jamais seul les dépenses du foyer : chacune de ses compagnes successives a des revenus en propre (indemnités d’élue pour S. Royal, salaire de journaliste pour V. Trierweiler). Comment expliquer donc, qu’au bout de 16 ans (pour ne s’intéresser qu’aux dernières années) il n’ait réussi à mettre de côté péniblement que 3 000euros ?

Soit il est plus dépensier encore que N. Sarkozy, le roi du bling-bling. Soit il a un vice caché (drogue, dettes de jeu, etc). Soit…il y a un problème. Un très gros problème.

L’ISF

Selon la déclaration officielle du président de la République son patrimoine total imposable est de 1,17 million. Juste en dessous de l’assiette de l’ISF, 1,3 million. Nous avons vu que la maison de Mougins est extrêmement sous évaluée. Si elle était évaluée à sa vraie valeur, le total ne serait plus de 1,17 million mais de 1,5 million. François Hollande devrait donc logiquement payer l’ISF.

Mieux, il manque encore des choses dans le calcul de l’ISF : probablement les biens gérés par la SCI la Sapinière (le bien de l’avenue Duquesne notamment), ainsi que ces 2,1 millions mystérieusement manquants dans la déclaration,  et un petit détail annexe, trois fois rien (250 000 euros tout de même).

Voici l’article 885 E du code général des impôts : « L’assiette de l’impôt de solidarité sur la fortune est constituée par la valeur nette, au 1er janvier de l’année, de l’ensemble des biens, droits et valeurs imposables appartenant aux personnes visées à l’article 885 A, ainsi qu’à leurs enfants mineurs lorsqu’elles ont l’administration légale des biens de ceux-ci.

Dans le cas de concubinage notoire, l’assiette de l’impôt est constituée par la valeur nette, au 1er janvier de l’année, de l’ensemble des biens, droits et valeurs imposables appartenant à l’un et l’autre concubins et aux enfants mineurs mentionnés au premier alinéa. »

Or Valérie Trierweiler est bien en concubinage notoire avec François Hollande. Il est difficile de connaître le montant exact du patrimoine de la concubine présidentielle. On nous la présente tantôt comme une riche héritière à la tête d’un patrimoine de 3 millions d’euros, tantôt comme une petite fille pauvre qui s’est faite elle-même. Là aussi difficile de vérifier. Il règne une opacité totale concernant les revenus de Valérie Trierweiler.  Néanmoins, ce que l’on sait avec certitude c’est que Valérie Trierweiler est propriétaire d’une maison à l’Isle-Adam dans le Val d’Oise (source). La maison est évaluée entre 250 000 et 300 000 euros. L’Elysée nous affirme qu’elle partagerait la propriété de cette maison avec son ex-époux Denis Trierweiler. Ils ont divorcé en 2007 mais partageraient la « résidence secondaire ». Hum…Tout est toujours possible bien sûr, mais cela paraît peu crédible. En cas de divorce les biens sont partagés. Dans le cas d’une maison, celui qui souhaite garder la propriété du bien, verse à l’autre la compensation financière correspondante, un rachat de part en somme. Sauf à n’en avoir pas les moyens. Avec ses émoluments à Paris-Match et à Direct- 8, on doute beaucoup que la concubine présidentielle n’ait pas eu les moyens de verser sa part à son ex-époux afin d’être pleinement propriétaire de la maison. Là aussi la seule « information » qui circule à ce sujet est la déclaration de l’Elysée.

Il y a donc beaucoup de zones d’ombre et de bizarreries dans la déclaration de patrimoine de François Hollande. Peut être serait-il temps de demander vraiment des comptes à l’Elysée à ce sujet, et d’obtenir une déclaration de patrimoine complète, et non parcellaire comme cela semble être le cas. Mieux une déclaration de patrimoine assortie des déclarations d’impôts, avis d’imposition, des comptes des SCI, etc. La simple parole du chef de l’Etat ne suffira pas, nous avons vu avec l’affaire Cahuzac le crédit qu’il fallait apporter à la parole politique.

François Hollande veut moraliser la vie politique et appliquer la transparence au patrimoine des élus ? Qu’il commence donc le premier ! Pour l’exemple.

Article réalisé pour Novopress

Printemps sous copyright

Depuis le 24 mars, ceux qui en doutaient encore, ont compris que Frigide Barjot ne savait rien faire d’autre que de mettre de l’ambiance au Banana Café.

Après avoir désavoué ses propres militants au soir du 24 mars, nous avions compris qu’elle n’avait pas la carrure pour porter un vrai mouvement de contestation. Depuis ce jour, on se demande quelle mouche a piqué dame Frigide. Elle fait tout ce qu’il faut pour saboter le mouvement qu’elle a lancé.

Ses propos insultants concernant les familles victimes de brutalités policières ce jour là, ont conduit à une rupture au sein du mouvement. Les scissionnistes se sont regroupés au sein du Printemps français et dame Frigide n’a rien de mieux à faire depuis, que d’ y aller de son insulte quotidienne à leur propos.

Aujourd’hui elle se répand dans Libération. Une nouvelle manif d’envergure sera organisée le 26 mai. Le Printemps français n’y sera pas le bienvenu : « Comme on lui demandait si le mouvement plus radical«Le printemps français» y participerait, elle a répondu:«Certainement pas !»

Le motif ? «Nous ne voulons pas de violence. Nous dénonçons cette violence et les exactions, nous n’avons rien à voir avec les intégristes, ni avec les extrémistes» Dame Frigide n’a pas eu ces pudeurs quand la semaine dernière, elle est allée à la tribune du congrès de l’UOIF déclarer aux musulmans présents « Vous êtes notre espérance ! ». Dire aux représentants des Frères musulmans en France (car l’UOIF c’est ça) qu’ils sont « l’espérance », c’était cracher à la gueule du peuple français. Il ne faut pas s’étonner ensuite qu’il y ait des tensions internes dans le mouvement.

Dans ces moments-là, on se demande si elle simplement idiote ou si elle roule pour quelqu’un d’autre.

Un indice qui semble accréditer l’hypothèse « idiote » : toujours dans Libé, dame Frigide déclare « le nom « printemps français », c’est moi la première qui l’ai utilisé (…)Nous allons les poursuivre pour vol de pancartes, vol d’affiches, vol de slogan, actes illégitimes et illégaux ». Donc dame Frigide s’estime propriétaire des droits sur le mot « printemps ». On attend le procès qu’elle compte probablement intenter aux héritiers de Boticelli ou de Stavinsky…

Plus prosaïquement, le vrai visage de dame Frigide commence à se révéler au grand jour. A savoir ,voiture-balai de l’UMP. Le temps de parole -disproportionné- accordé à Henri Guaino le 24 mars pour un discours électoral, le refus que la contestation tourne à la révolte antiparlementaire, les yeux doux à la communauté musulmane « intégriste » (N.Sarkozy en avait été l’initiateur)…oui pour ceux qui doutaient encore, cela devient clair maintenant.

Je signale simplement à dame Frigide, qu’il n’ y aura jamais de droits d’auteur sur le printemps. Elle s’en croit propriétaire ?

Amis pirates à l’abordage ! Que le sacre du printemps soit flamboyant !

 

Démagogie ou déma-gogo ?

Depuis deux jours c’est le grand déballage des déclarations de patrimoine. Montebourg, Le Maire, Wauquiez, Fillon, Estrosi, Duflot… et ce n’est qu’un début.

Certains hurlent à la démagogie, au coup de com’. Et malheureusement, je ne peux m’empêcher de leur donner raison.

Que voit-on en réalité ? Ce que les nouveaux convertis de la transparence veulent bien nous montrer. Si ils ont des économies judicieusement dissimulées dans des paradis fiscaux, ils ne vont pas s’en vanter. Vous connaissez un élu qui avoue pratiquer la fraude fiscale, tant qu’il n’est pas pris la main dans le sac ? Moi pas.

Il n’ y a aucun contrôle sur ces déclarations. On va me dire que le fisc pourrait enquêter. Histoire de vérifier tout ça.

Mais non. Le fisc ne va pas enquêter. Discutez avec un fonctionnaire du fisc et vous apprendrez que les dossiers concernant la fraude fiscale des élus existent (certains sur la Côte d’Azur ont des dossiers de 2m de haut d’ailleurs) mais qu’il est interdit d’aller plus loin. Les dossiers sont soigneusement gardés sous clés par les directions régionales des impôts.

Donc les élus peuvent bien nous raconter ce qu’ils veulent, personne -tant qu’un journaliste d’investigation un peu curieux ou un juge consciencieux ne s’y attelle- ne déballe la vérité.

Il n’ y a donc pas grand risque à publier son patrimoine. Ces publications en cascade sont l’attrape-gogo de la semaine.

Pourtant, certains s’y opposent avec une virulence disproportionnée : Mélenchon et Copé par exemple. Ce qui est hautement suspect.

Hé oui, le bon peuple pourrait apprendre la réalité faramineuse du patrimoine de certains élus. Quand on prétend faire la guerre aux riches comme Mélenchon, si on l’est soi-même -riche- ça ôte tout de suite tout crédit. Ceci n’est bien sur qu’une hypothèse féline.

Mieux, les Français pourraient se rendre compte que la fortune de nos élus est énorme par rapport à leur parcours professionnel. Je ne sous-entend pas qu’ils sont tous fraudeurs, mais simplement que la politique ça rapporte. Gros. Les places sont bonnes et confortables, c’est pour cela qu’ils s’y accrochent. A l’heure de l’austérité pour tous et du chômage de masse, il ne fait pas bon montrer aux Français, que des gens qui pour la plupart n’ont jamais travaillé en dehors de leurs mandats électifs (si on peut appeler ça du travail vu le taux d’absentéisme au parlement) se sont constitués des patrimoines conséquents grâce à vos impôts.

Cela pourrait faire monter « le populisme » n’est ce pas ? Et le « populisme » c’est le mal.

La garde rapprochée de la classe politique (aussi appelée presse) commence donc à se mettre en ordre de bataille. Ce matin, Hervé Gattegno dans le Point tire le premier : « La transparence n’est pas un idéal…mais un cauchemar ! « .

Vous allez voir. Ce n’est que le début. Les articles sur « la tyrannie de la transparence » vont se succéder. Après avoir jeté quelques déclarations de patrimoine, non vérifiées, en pâture aux curieux, le système va vite se reverrouiller au nom du droit à l’opacité.

Et pour cause.

« Les dictatures ne résistent pas longtemps à la transparence » (J. Chirac,expert,  spécialiste du financement occulte)

Le cinéma, c’est bon pour les pauvres !

L’affaire avait fait son petit buzz en janvier : le cinéma parisien Pathé Wepler, suite à une rénovation, inaugurait une double tarification. Certaines places, mieux situées par rapport à l’écran et dotées de fauteuils plus larges, sont accessibles moyennant quelques euros de supplément.

Que n’a-t-on entendu à ce moment là sur cette intolérable discrimination par l’argent ? L’affaire a ému le groupe communiste du Conseil de Paris. Car oui, sachez le, il n’ y a rien de plus urgent à s’occuper (nombre de places en crèches, construction de logements, amélioration des transports en commun) en ce moment à Paris que le prix des places de cinéma dans un seul établissement.

Le conseil de Paris a donc voté pour interpeler la ministre de la Culture Aurélie Philipetti afin qu’elle prenne des mesures pour « interdire » qu’il y ait au cinéma des places à tarification différente.

D’une part, Pathé est une entreprise privée. Je ne vois pas en quoi l’Etat aurait son mot à dire dans le choix des tarifs des prestations proposées. D’autre part, si il y a deux types de prestations différentes (ce qui est le cas ici), on ne voit pas en quoi il est choquant qu’il y ait deux tarifs différents. Que je sache, les communistes ne militent pas par ailleurs, contre l’existence de première et de deuxième classe dans les trains, alors que pourtant la SNCF est une entreprise d’Etat.

On ne les entend pas s’offusquer non plus, du prix général de places de cinéma (entre 11 et 13 euros) ce qui pour des familles aux revenus faibles, est déjà en soi prohibitif. Cela reviendrait à s’interroger sur l’augmentation du coût de la vie, et aux remèdes à apporter à la crise, ce qui bien sûr n’est pas au programme des élus de gauche.

Je m’interroge en revanche sur cette focalisation sur le cinéma.

Il existe à Paris d’autres types d’établissements à vocation culturelle, pour la plupart subventionnés par l’Etat. Là, on y pratique sans complexe des différences de tarifications qui n’ont pas l’air d’émouvoir les élus communistes parisiens. Quelques exemples :

Comédie Française : places de 12 à 39 euros

Opéra de Paris : de 15 à 180 euros (?!!?) avec 8 tarifications différentes

Théâtre du Chatelet : de 25 à 90 euros avec 5 tarifications différentes.

Bien. Cela choque-t-il quelqu’un ?

Certainement pas les élus communistes du Conseil de Paris en tout cas. A moins de penser qu’ils ne considèrent pas l’opéra ou le théâtre comme des loisirs de pauvres.

Dans ce cas, qui fait réellement du racisme de classe ? Le Pathé Wepler ou les élus communistes ?

 

Un contrat peut en cacher un autre.

Souvenez vous il y a deux semaines. Grâce à Flan-Flan Ier, Airbus signait le « contrat du siècle » : pas moins de 234 airbus A320 commandés par la compagnie indonésienne Lion Air. Le redressement productif enfin en marche ! La France en route vers l’horizon radieux de la croissance ! On allait voir ce qu’on allait voir !

Quelques voix, discrètes et cantonnées à la sphère de la presse, économique avaient cependant émis quelques doutes sur la viabilité du contrat. Lion Air est une compagnie low cost qui est interdite de vol en Europe. Mais ces quelques voix furent vite étouffées par l’autosatisfaction ronflante de Flan-Flan Ier et de son équipe. On n’allait pas commencer à mégoter à propos du plus gros contrat qu’ait jamais signé Airbus.

Et bien, désolé, mais si, on va mégoter. Oh trois fois rien. Juste un détail. La presse indonésienne émet de sérieux doutes sur les capacités de Lion Air a respecter la solvabilité du contrat. Autrement dit, Lion Air aurait eu les yeux plus gros que le ventre.

La compagnie possède déjà une flotte de 90 avions, elle a signé un contrat similaire avec Boeing l’année dernière (commande de 230 boeing 737). Plus de 500 avions en tout ? Pour une petite compagnie low-cost (plus que toute la flotte Ryan Air par exemple) , dans un marché très concurrentiel (deux autres compagnies low- cost se disputent le marché régional) et ce , alors que le transport aérien est en plein marasme ?!?

Les indonésiens pensent donc que la compagnie ne sera pas en mesure d’honorer ce contrat, et qu’elle fera défaut.

Vous allez me dire : dommage pour Flan-Flan Ier et son redressement productif, mais si ils annulent le contrat, on s’en remettra.

Le contrat Airbus est assuré par la COFACE.

La Coface est une agence spécialisée dans l’assurance-crédit à l’exportation. Autrement dit, si Lion Air fait défaut, Airbus est quand même assurée et pourra récupérer le montant du contrat. La Coface a été privatisée en 1994. Cependant certains types de contrat-export, comme celui d’Airbus, continuent d’être assurés par l’Etat -avec la Coface comme intermédiaire-

En clair, c’est le contribuable français qui mettra la main à la poche si Lion Air n’ est pas en mesure de payer .

Ah oui, j’oubliais de préciser. Le montant du contrat.

20 milliards d’euros.

Et ça, ce n’est pas du flan. Ca fait cher le coup de com’ , non ?

 

Referendum piège à cons

Nous apprenons ce matin par la bouche d’Harlem Désir, qu’il serait question d’organiser un referendum sur la moralisation de la vie politique.

Il est déjà  curieux de faire lancer le ballon d’essai dans l’opinion par la voix de quelqu’un qui lui même a déjà été condamné par la justice dans une affaire d’emplois fictifs. Si on suit la logique du « tu es condamné, tu dégages », Harlem Désir ne devrait même plus être à la tête du PS. Ceci déjà devrait suffire à prouver la sincérité de la démarche référendaire  pour la gauche.

Je rappelle à Flan-Flan Ier que plus d’un million de personnes sont dans les rues de France depuis des mois aux cris de « laisser nous voter ! » . Les opposants au mariage pour tous réclament un referendum, on les a balayés d’un revers de main. « Pas question ! »

Mais là d’un coup la gauche se sent touchée par le virus référendaire. Pourquoi ?

Les courbes de popularité de Flan-Flan Ier et de son équipe sont au plus bas, même N.Sarkozy n’était pas tombé aussi bas au bout de cinq ans de mandat, pourtant catastrophiques. Donc un referendum facilement gagnable est bon moyen de retrouver sans risque une légitimité démocratique.

Qui pourrait, en conscience, voter contre la moralisation de la vie publique à part Jean-Noël Guérini, peut être ?

La question ne sera peut être pas celle-là. On soumettra peut être au bon peuple le projet de loi dans son intégralité.

J’avais pointé il y a deux jours le problème d’inconstitutionnalité posé par la volonté de rendre inéligibles à vie les élus condamnés pour des délits financiers. Le Conseil Constitutionnel rejette les peines automatiques, la justice doit se prononcer au cas par cas. Avec un referendum cet obstacle serait a priori levé : le Conseil Constitutionnel s’est toujours incliné devant les décisions issues d’un referendum, estimant que le peuple souverain s’étant exprimé, il ne serait pas démocratique d’aller contre.

Bien. Et c’est là que nous voyons arriver l’attrape-nigaud. Je vois déjà tous les petits français en colère aller voter sans hésitation « oui, oui nous voulons moraliser la vie politique, allons-y, votons oui ».

Je le martèle depuis plusieurs jours maintenant mais la plupart des élus corrompus ne sont jamais condamnés : l’inéligibilité à vie ne leur sera donc pas applicable. Et cette potentialité d’inégibilité ne concerne que les délits financiers (un DSK qui serait condamné pour proxénétisme dans l’affaire du Carlton, serait donc toujours éligible).

Mieux, cette loi ne sera pas rétroactive, ce serait anticonstitutionnel. Donc les élus précédemment condamnés pourront toujours continuer à pérorer sur les bancs de l’Assemblée nationale.

Ce referendum sera une arnaque.

Ce n’est qu’un plébiscite déguisé pour faire remonter artificiellement les courbes de popularité et de confiance.

Voter oui, c’est être cocu d’avance.

Voter non, c’est faire le jeu d’une opposition tout aussi corrompue.

Pour faire le ménage, une solution, l’ABSTENTION massive. Que le désaveu envers la classe politique soit total !

Moraliser la vie politique ? Oui. A condition qu’ils dégagent TOUS d’abord.

La DCRI, police privée de la présidence de la République

Je m’interrogeais déjà l’année dernière, suite à l’affaire Merah, sur les objectifs réels de la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur). Il semblait, au vu d’un certain nombre de faits (le traitement de l’affaire de Tarnac notamment) que cette structure créée par Nicolas Sarkozy en fusionnant les Renseignements Généraux et la DST, n’assurait pas sa mission prioritaire de lutte contre le terrorisme. En revanche, il devenait évident que ses objectifs « officieux » étaient de monter des coups politiques au bénéfice seul de l’Elysée. Ce qui fait grincer des dents nombre d’officiers intègres de la DCRI, car fort heureusement il reste encore dans notre pays des fonctionnaires consciencieux. Chose assez inédite, et assez peu médiatisée à l’époque, des officiers de la DCRI s’étaient mis en grève pour protester contre cet état de fait.

Or qu’apprend-t-on aujourd’hui dans le journal La Croix ? Selon un rapport rédigé par des officiers de la DCRI, et remis aux parlementaires le 16 février, la DCRI ne transmettrait pas à la justice, les éléments de preuves dont elle aurait connaissance en matière d’affaires financières.

Au contraire, elle entraverait même sciemment les investigations de Tracfin, organisme dépendant du ministère des finances et en charge de la délinquance financière. « Les auteurs de la note se livrent à un véritable réquisitoire, révélant d’une part la surveillance étroite opérée par le renseignement intérieur sur l’organisation de la fraude fiscale internationale, notamment celle qui fut organisée en France par la banque suisse UBS, et dénonçant d’autre part la non-transmission à la justice des informations considérables recueillies lors de cette surveillance »

UBS ? Tiens tiens…La banque suisse mise en cause dans l’affaire Cahuzac. Le rapport poursuit : « Pourquoi la sous-direction K a-t-elle axé son travail de surveillance sur les cadres de l’UBS qui dénonçaient le système de fraude plutôt que sur ceux (qui étaient) à l’origine du système ? » Donc la DCRI savait, et si la DCRI savait, l’Elysée savait.

Flanby est président depuis un an maintenant. Il ne vient pas de débarquer à l’Elysée, les rapports de la DCRI lui sont connus. En particulier si ils touchent son camp.

Le rapport exprime clairement ce que je n’osais encore formuler qu’au conditionnel l’année dernière : « Ces services se nourrissent des délits qu’ils ne souhaitent pas voir apparaître ou révéler à l’autorité judiciaire pour ne pas amoindrir leur influence, quand le besoin s’en fait sentir. » En clair, la DCRI garde sous le coude les dossiers de délinquance financière pour les utiliser au moment le plus opportun, au moment le plus politiquement opportun.

Le renseignement intérieur utilisé uniquement à des fins de politique intérieure ? C’est l’un des marqueurs qui permet de savoir si un pays est encore une démocratie. Dans le cas de la France, la réponse est évidente.

NON.

 

Je n’ai pas confiance dans la justice de mon pays.

NON-LIEU

Voilà la réquisition du parquet pour Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bettencourt.

Non-lieu pour lui. Dégoût pour moi.

Depuis ma prime jeunesse j’entends radoter le mantra « justice indépendante ». Ce n’est qu’une incantation sans effet. Depuis presque trente ans maintenant que je suis la vie politique, j’ai pu constater que les hommes politiques mis en cause dans des affaires judiciaires s’en sortaient presque tous avec un NON-LIEU.

Et ce n’est pas parce qu’ils sont innocents. Le secret de l’instruction n’est plus respecté depuis bien longtemps quand les affaires touchent les plus hauts personnages de l’Etat. On peut retrouver l’intégralité des pièces des dossiers dans la presse. Il n’est donc pas difficile pour qui veut s’informer, de se faire un avis rationnel.

Les preuves à charge sont accablantes. Et pourtant, à chaque fois … NON-LIEU.

A chaque fois ? Pas tout à fait. Environ 10% des politiques mis en cause écopent d’une condamnation. 100% de NON-LIEU ce serait trop gros, trop visible. Il y a donc quelques malchanceux qui sont punis, histoire que le bon peuple continue à avoir confiance dans « l’indépendance de la justice ». Mais les peines sont rarement sévères : sursis SYSTEMATIQUE. Ces condamnations ne sont là que pour entretenir un simulacre de justice, pas pour établir la vérité.

Impunité totale pour eux, sévérité maximale pour nous : essayez donc de piquer du pognon à un vieux sénile, si vous êtes découverts vous êtes faits. Prison -ferme- pour vous. Mais pour lui, NON-LIEU.

Pognon qui, en sus, servira au financement illégal de campagnes électorales. Les comptes de campagne du candidat Sarkozy ont été invalidés je le rappelle, suite à un certain nombre d’irrégularités.

Et je me pose la question du rôle de Flanby dans cette histoire alors qu’hier il serrait ses petits poings d’un air décidé pour nous expliquer qu’il allait renforcer le Conseil supérieur de la Magistrature, et par là redonner à la justice sa pleine indépendance (ce n’est donc pas le cas pour le moment, le président de la République lui même le dit).

Qu’aurait à voir Flanby dans cette décision du parquet de requérir un NON-LIEU ? Aucune raison de faire une fleur à N. Sarkozy. A priori non.

Mais cette question a commencé à se promener dans ma boîte cranienne dès lundi. Nous avons en effet appris que dans l’affaire des sondages de l’Elysée, les sondages incriminés justement ont disparu (!!!) de l’Elysée. N. Sarkozy est soupçonné d’avoir commandité des sondages à titre personnel de candidat, aux frais de la présidence de la République. Ses comptes de campagne montrent d’ailleurs un budget de communication égal à …0€ pour la campagne 2012. Et pour cause, si les sondages en question ont été payés par le contribuable.

Donc je me suis demandé à ce moment si Flanby n’avait pas aidé l’ancien président : il est tout de même étonnant que personne à l’Elysée n’ait la moindre trace de 500 000 euros de sondages…

La suite de l’affaire Bettencourt, avec cette demande de NON-LIEU entretient mon doute malsain. Avec notre classe politique corrompue, le pire est toujours certain.

Alors avec tout ces NON-LIEUX en série, on voit tout de suite le vide de la proposition de Flanby de rendre les élus condamnés inéligibles à vie. Hormis l’inconstitutionnalité des peines automatiques (il sera difficile de faire valider une loi de ce type par le Conseil Constitutionnel, il s’est déjà prononcé négativement sur l’automacité des peines), j’aimerais que Flanby nous explique comment

RENDRE INELIGIBLES DES GENS QUI NE SONT JAMAIS CONDAMNES ???

C’est la question à 600 000 euros.

Idiots utiles du système – mode d’emploi

Qu’est ce qu’un idiot utile ? Catégorie très répandue en politique. C’est quelqu’un qui généralement par la bêtise la plus crasse de ses actions, rend service à ceux qu’il croit précisément combattre.

Cette catégorie d’individus est non seulement très répandue en politique, mais particulièrement dans tout ce qui s’apparente à des groupuscules dont les membres peuvent se compter dans une cabine téléphonique.

Rien ne vaut un exemple pour illustrer.

Le 24 mars, suite aux incidents ayant émaillé la Manif pour tous, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a justifié les brutalités policières sur des familles paisibles en s’abritant derrière un argument massue : ce n’était pas des manifestants pacifiques mais des nervis d’extrême-droite. Il a donc mis en cause nommément un groupuscule en particulier, le GUD. Ceux qui étaient à cette manifestation (dont votre serviteur) ont dénombré au maximum une trentaine d’individus de ce groupe, ce qui, sur plusieurs centaines de milliers de personnes ne représente donc rien.

Il n’empêche que l’argument est utile pour le système afin de discréditer un grand mouvement de révolte populaire, qui commence à dépasser le simple débat du mariage pour tous, pour se transformer en contestation du gouvernement.

Le système est pourri jusqu’à la moelle : l’affaire Cahuzac ces dernières 24h l’a une fois de plus amplement démontré. Le seul moyen pour le gouvernement de s’en sortir est donc d’accuser encore et toujours l’extrême-droite, alibi facile de leur incompétence, et effacer des registres le peuple de France en colère.

Dans ce contexte, qu’ont trouvé d’intelligent à faire les débiles ( et je pèse mes mots) du GUD ?

Alors quand la bêtise pure matinée de haine irrationnelle rend un tel service au système, on peut légitimement se poser la question

Pour qui roule le GUD ???

 

Tu la sens l’onde de choc?

Ca y est. Flanby a parlé.

Deux heures d’enregistrement pour deux minutes d’intervention. Pas de direct. On sent la sincérité là déjà.

Il est fâché Flanby, il serrait ses petits poings de rage, en parlant. On le comprend : une confession de Cahuzac a balayé la république exemplaire qu’il a vendue aux français pendant sa campagne électorale.

Alors comme il est très fâché, il nous annonce des mesures « choc ».

La plus importante : l’inéligibilité à vie des élus condamnés pour fraude ou corruption. Dans l’absolu, je suis favorable à cette mesure, je l’ai toujours appelée de mes voeux.

Cette loi devra donc être votée par les députés, ces mêmes députés qui depuis des semaines rechignent à voter le non-cumul des mandats. Peut on leur faire confiance pour voter une loi qui peut éjecter la plupart d’entre eux du parlement, alors qu’ils n’acceptent déjà pas de réduire la taille de leurs fromages ? Je DOUTE.

Et si elle est votée, on connait la procédure pour la rendre inoffensive : y adjoindre nombre d’amendements bien calculés qui videront cette loi de sa substance et la rendra dans les faits inapplicable.

Une faille majeure de cette loi, vient aussi de la nécessité qu’une condamnation soit prononcée. On va me dire « c’est bien normal, on ne punit pas quelqu’un juste pour des soupçons ». Le problème c’est que la majorité de nos élus s’en sortent toujours car ils obtiennent toujours des non-lieux ou des relaxes pour vices de procédure.

« Ah mais attention, Flanby a tout prévu, il va renforcer le Conseil Supérieur de la Magistrature et par là même l’indépendance de la justice ! » La justice est théoriquement DEJA indépendante, et pourtant les élus corrompus s’en sortent toujours. Donc là aussi je DOUTE.

Et enfin cerise sur le gâteau, Flanby nous annonce que les déclarations de patrimoines et de conflits d’intérêts des ministres et des députés seront désormais contrôlées. Par qui ? Les parlementaires ? Ce serait tout de suite crédible. Des fonctionnaires ? Ils sont soumis à leur hiérarchie : quand on leur demande d’enterrer un dossier, ils le font (l’administration fiscale aurait beaucoup de choses à dire à ce sujet d’ailleurs). Alors qui ?  On va probablement nous créer pour l’occasion un commission « indépendante » qui ne sera qu’un moyen supplémentaire de distribuer de nouveaux fromages aux copains. Donc là aussi je DOUTE.

Tout ceci sent donc l’usine à gaz à plein nez.

Mais le gaz, c’est la spécialité du gouvernement, non ?

 

La complaisance, un mal français.

Ce blog est né l’année dernière d’une exaspération. Exaspération devant la complaisance du droitard moyen avec la racaille sarkozyste : les affaires et les mensonges trouvaient toujours des excuses au prétexte « de ne pas taper contre son camp ». Au prétexte que les autres « c’est pire ».

Je ne me suis donc pas privé d’étriller quotidiennement la corruption, le mensonge, la vulgarité et le mépris du peuple, constantes de l’exercice du pouvoir UMP.

Je suis resté relativement silencieux sur la Hollandie jusqu’à présent : le paradigme s’est inversé. Si la presse et les commentateurs, les blogueurs de droite étaient indulgents avec le précédent gouvernement, force est de constater que les chiens sont lâchés depuis mai 2012, et que le dézingage des socialistes est devenu un sport quotidien à droite. Et je n’aime pas jouer au disque rayé qui répète ce que disent les autres. A l’inverse, les médias de gauche, si prompts -et c’était justifié- à traquer la moindre faille à droite restent étrangement silencieux depuis plusieurs mois.

Silence quand le gouvernement matraque les ouvriers de Goodyear.

Silence quand le gouvernement gaze des femmes et des enfants pacifiques le 24 mars.

Silence quand les députés socialistes votent un texte approuvé par le Medef qui démantèle le code du travail.

Silence quand la France est rentré en guerre au Mali.

Silence quand Mou-Mou Ier annonce l’allongement de la durée de cotisation retraite.

Si la droite était aux affaires, le « peuple de gauche » serait déjà dans la rue à protester contre de tels agissements.

Mais là rien. SILENCE.

Le ministre du budget Jérôme Cahuzac est pris le doigt dans le pot de confiture : mensonge (« les yeux dans les yeux je n’ai pas de compte en Suisse ») et fraude fiscale (il était en charge de lutter contre rappelons le). Et l’on entend rien.

La presse de gauche est étonnamment neutre depuis hier. On cherche Philippe Torreton si prompt à agonir d’injures Gérard Depardieu pour son exil fiscal en Russie. On cherche la blogosphère de gauche…

A cet égard, citons un cas d’école. Le blog Sarkofrance . Probablement l’un des blogueurs les plus acharnés à démolir l’UMP pendant la présidence Sarkozy. Que lit-on sur son blog ce matin ?

Que tout va bien pardi : faute avouée, faute pardonnée ! Justification en cinq points :

« Rarement scandale de ce genre n’aura été aussi rapidement traité. » Ben voyons ! Sans les aveux d’un Cahuzac soudainement « pris de remords » on y serait encore.

« L’une des raisons de cette rapidité est sans doute la précision chirurgicale de l’affaire: un compte en Suisse, rien de plus et c’est déjà suffisant » Rien de plus ?!!? Excusez du peu mais ce ministre devait lutter CONTRE la fraude fiscale. C’était son job.

« Faut-il reconnaître ce « droit au soupçon » ? » Petit paragraphe pour expliquer que les vrais salauds ce ne sont pas les fraudeurs mais ceux qui ont révélé la fraude (Mediapart donc). Le principe souverain n’est donc plus la vérité, mais le « ferme ta gueule, on ne critique pas les amis ».

« Vivons-nous un tournant vers une américanisation supplémentaire de nos moeurs politique ? A quand les confessions en direct, la larme à l’oeil en prononçant l’inévitable « j’ai menti ».  » Cahuzac aurait dû continuer à tricher et à mentir à la Justice et au peuple français si je suis bien…

« Cahuzac s’est dit dévasté. » Pauvre chou, je vais pleurer…

Socialistes dormez tranquilles, le « peuple de gauche » vous soutiendra jusqu’à la mort.

Assez de complaisance avec les voyous de la République ! Ni la gauche, ni la droite ne méritent notre compassion. Ils ont trahi le peuple. Le peuple doit les punir.

 

Le FN ne répond plus.

Depuis dimanche et les nombreux incidents entre les manifestants et les forces de l’ordre lors de la Manif pour tous, la plupart des responsables politiques de notre pays se sont exprimés.

A gauche on ment éhontément comme toujours. Sur le nombre réel de manifestants. Sur les soit-disants nervis d’extrême-droite (moyenne d’âge: 6 ans) que la police aurait bien fait de gazer, sur la soit-disant violence des manifestants (chanter autour d’un feu de camp est un trouble intolérable à l’ordre public, tenons nous le pour dit). La gauche fait ce qu’elle a toujours fait : traiter par le mépris le peuple de France, qu’il soit de gauche (les ouvriers de Goodyear pourraient nous en parler) ou de droite (1 million de personnes dans la rue considérés comme inexistants).

A droite on récupère sans vergogne : facile quand on a des élus qui se sont fait gazer par les CRS parce qu’ils étaient aux côtés des familles agressées injustement. On ne saurait le leur reprocher. La politique c’est « récupérer », autrement dit utiliser tous les éléments du réel qui permettent de faire avancer une cause ou une idée (ou un parti, l’UMP n’a pas d’idées il est toujours bon de le rappeler).

Donc quand on fait de la politique, en particulier quand on prétend un jour gouverner notre pays, on ne peut rester silencieux devant les évènements de dimanche.

Un vent de colère et de révolte se lève sur ce peuple de droite, habituellement silencieux et qui ne descend jamais dans la rue. La colère d’être raillé, méprisé par le pouvoir et les médias. La révolte de se voir matraqué, gazé sans retenue par la police alors que les casseurs et les voyous des banlieues françaises ne sont jamais inquiétés. Le vent de l’insurrection commence à souffler. Pour le moment ce n’est encore qu’une brise de printemps mais le temps est à l’orage, et toutes les conditions sont maintenant réunies pour que la brise devienne tempête.

Et dans ce grand fracas, un silence commence à se faire remarquer.

Vous n’entendez pas ?

Elle non plus n’entend pas.

Qui ?

Madame Dédiabolisation.

Elle n’avait déjà pas entendu en janvier quand la mobilisation a atteint un seuil critique au delà duquel on ne peut plus rester silencieux. Refus de prendre parti, pas de position claire. C’était déjà une erreur politique majeure : se couper ainsi de son vivier électoral en laissant le champ libre à la racaille UMP.

L’absence de réaction de madame Dédiabolisation aux évènements de ce 24 mars est encore plus grave, c’est une faute politique.

Aucun mot de soutien ou de compassion aux mères de famille, aux enfants, aux vieillards humiliés et matraqués ce jour là. Aucune critique du gouvernement. Rien. Nada. Silence radio.

Madame Dédiabolisation veut gouverner un jour. Elle a montré dimanche qu’elle n’en était pas capable. Quand le peuple de France se fait matraquer, elle regarde ailleurs. En silence.

Nous ne savons pas ce que va devenir ce Printemps français, ondée rafraichissante ou ouragan.

Une chose est certaine en revanche. Il ne s’écrira pas en bleu marine.